Back 🏠[[home]] | Explore 📓[[MOCs/blog|blog]] --- Projets === ## Mémoire > M2, EHESS, Études environnementales. Directrice de recherche : Sophie Gosselin. Membres du jury : Francis Chateauraynaud, Sylvia Fredriksson > [!important] [[projects/Puissance incantatoire de la futurologie énergétique|Puissance incantatoire de la futurologie énergétique]] > Faire exister des _contre-imaginaires_ oblige à comprendre la façon dont les _imaginaires dominants_ sont produits. Depuis les années 1970, notamment dans l’énergie, l’un des cadres structurants de la production de récits et de discours qui trame ces imaginaires est celui de la _futurologie_. Elle est plurielle dans ses pratiques et diverse dans ses racines. Cependant, la futurologie contemporaine institutionnelle, née surtout de l’appropriation par le complexe militaro-industriel de l’usage de l’informatique et des mathématiques appliquées à des fins de prévision, apparaît comme seule dépositaire des a-venirs. Élevée au rang de « science des futurs », elle construit une épistémologie de l’anticipation empreinte de culture cybernétique. Prenant comme objet l'énergie, dont la science thermodynamique et les rapports qu'elle entretient à la matérialité du monde en ont fait une véritable ontopolitique du capitalisme industriel (Cara N. Daggett), elle configure nos rapports au monde. À ce titre, la futurologie énergétique est une _cosmotechnique discursive des futurs_, c’est-à-dire une famille de dispositifs techniques ayant pour finalité la production de récits et de discours sur le futur qui ordonnent notre vision du monde. Suivant Yuk Hui, en tant que technique, elle est cosmologique. Pour autant, si des cosmotechniques ont pu se côtoyer, à l'instar de la pluralité cosmologique, la modernisation, en tant que processus d'instauration de la modernité comme régime universel, a précipité l'avènement d'un réductionnisme cosmotechnique sans précédent. Si le processus d’homogénéisation est à ce point ancré dans la matrice de la construction des futurs énergétiques, quel horizon peut-on se donner pour faire advenir d’autres devenirs ? De la projection de tendances à la production de futurs désirables, en passant par l’anticipation de futurs multiples, la futurologie énergétique sert des finalités diverses. Son pouvoir de faire advenir des mondes révèle une puissance incantatoire digne de la sorcellerie capitaliste d'Isabelle Stengers et de Philippe Pignare. Où réside alors le processus de désenvoutement qui retournera la magie ? Une réponse se trouve probablement dans le surgissement de futurs minorisés (mineurs) qui se développent par l’expérience dans leurs milieux, notamment en réinterprétation et en retournement de trames dominantes (majeures). Ces pratiques futurologiques, que l'on pourrait qualifier de _subalternes_, font exister au présent de la diversité (technique, infrastructurelle, organisationnelle, sociale et politique) qui vient en friction et, par endroits, recomposer les rapports au monde : une technodiversité constitutive de ce que Francis Chateauraynaud appelerait une pragmatique des futurs. ## Communication > Journée d’étude du master « Etudes environnementales », 2024 > [!summary] [[projects/Energie, temps et capitalisme|Energie, temps et capitalisme]] > Cette communication faite dans le cadre des Journées d'Études du parcours *Études Environnementales* du Master *Savoirs en sociétés* de l'EHESS le 25 mars 2024, s'inscrit dans le cadre de la table *Jeux de pouvoirs, inventer le futur*. Elle se donne pour objectif de présenter l'état d'une recherche de Master 2 sur l'histoire de la futurologie énergétique des années 1980 à 2000. Plus précisément, il s'agit ici de présenter le cadre de réflexion sous-jacent au travail de la construction des futurs énergétiques dans une période marquée par les chocs pétroliers, le tournant néo-libéral des années 80 et la montée de la question climatique des années 90 (sujet, objet, rattachement disciplinaire, hypothèses, méthodologie...). Aussi, cette communication s'attache à rendre visibile le cadre de travail du futur au prisme d'une discipline qu'est l'histoire s'emparant d'un objet trans-temporel et trans-spaciaL qu'est l'énergie. Ensuite, il s'agit de montrer en quoi le temps et le travail des futurs sont constitutifs de la question énergétique, et en quoi la période post-choc-pétrolier est révélatrice d'une *crise des temps* pour l'énergie : quels sont les expériences et attentes de l'énergie ? Les jeux de pouvoirs dans l'invention des futurs dans l'énergie se situent à la croiser de la manière de raconter et faire l'histoire, de la manière dont sont construits (notamment par la technique) les futurs énergétiques et de l'inscription de ces constructions dans un cadre de reproduction capitaliste. J'expose enfin en ouverture des orientations qui, selon moi, viennent renouveler la manière dont peut se lire et se travailler la construction des futurs énergétiques. Cette communication ouvre plus de questions qu'elle ne soumet de réponse à un travail de recherche en cours. Elle se veut ouverte à discussion - comme initiée avec Laurent Jeanpierre discutant de la table et d'autres personnes de la salle, et une première entrée en matière de liant entre énergie, temps et capitalisme. ## Notes de lecture >[![note] [[Vers une sociologie de la relation au monde - Note de lecture]] > Cette note de lecture concerne particulièrement la section « Vers une sociologie de la relation au monde » du livre *Résonance* de Harmut Rosa. Elle se veut critique dans le sens où elle ne se contente pas de (re)présenter une partie du travail de Harmut Rosa mais vient questionner les sous-jacents disciplinaires et héritages tant idéologiques que culturels qui trament cette pensée de la résonance à l'heure de l'anthropocène et des pensées décoloniales. > [!note] [[La permaculture ou l'art de réhabiter - Note de lecture]] > Cette note de lecture concerne le livre *La permacutlure ou l'art de réhabiter*, retranscritpion d’une intervention de Laura Centemeri lors d’une conférence-débat du groupe “Sciences en question” en 2017 à l'INRA. Elle se veut critique dans le sens où elle ne se contente pas de (re)présenter une partie du travail de Laura Centemeri, mais vient questionner les sous-jacents disciplinaires et héritages tant idéologiques que culturels qui trament ici la pensée la permaculture au prisme du design, de la technique et du marché et à laune de la pluralité des communs. ## Essais > [!note] [[Histoires, mémoires et colonisations de la Réunion]] > L'histoire de la Réunion semble tramée par deux grands récits : celui d'une île s'inscrivant pleinement dans l'histoire de la colonisation en tant que colonie [@2016_vaxelaire] [@2012_vaxelaire] et celui qui s'inscrit en contrepoint et dénonciation d'une histoire coloniale de l'île [@2017_fontaine-kermarrec]. Au milieu de ces récits qui, sans prétendre faire Histoire, participent pleinement d'une lecture et interprétation du fait historique pris dans la complexité de son contexte, des "récits de voyages à Bourbon et à La Réunion" [@2017_academiedelareunion] [@2018_academiedeliledelareunion] apportent aussi nuances et complexités, par le travail de la mémoire, à la construction de ce qui pourrait s'apparenter à une histoire de la Réunion[^1]. Aussi, par l'examen des études de l'histoire de la Réunion, j'oppose ici au discours de la non-colonisation de la Réunion la persistance d'un habiter colonial [@2022_jas.ferdinand] qui assure la permanence de rapports de domination (de genres, de classes et de races[^2]), participant de la reproduction d'un rapport social de colonialité [@2007_quijanoa]. J'ouvre sur la perspective de mettre au travail des formes de décolonialité des rapports sociaux par la pensée d'une écologie des milieux au prisme de l'écologie critique pour déconstruire les modes de reproduction des rapports de domination à l'œuvre. --- > Back 🏠[[home]] | Explore 📓[[MOCs/blog|blog]]