%% tags : #type/note %% --- <<< [[2021_monnin.bonnet.ea]] Projection et déprojection === > Il ne s’agit pas ici de s’opposer au « manifeste compositionniste », mais d’enquêter sur d’autres présupposés nous confrontant à «l’épuisement du possible », ou à ce que nous appelons la déprojection du monde. La projection n’est pas une représentation, ni seulement la construction d’un récit, mais une instance de réalisation d’un monde. La déprojection ne réactive pas les théories critiques, mais tente de montrer comment les mutations cosmologiques opérées avec l’Anthropocène, rendent manifestes des impossibilités de faire-monde plutôt que de réaliser un monde toujours ouvert où émerge du possible. C’est par la déprojection que l’Anthropocène nous permet de rencontrer ce monde, qui n’est pas un monde à faire ou des mondes en projet, des mondes possibles et désirables. De ce point de vue, la rencontre avec le monde est déceptive par nécessité. On rencontre le monde lorsque l’on rencontre l'épuisement du possible dans toute son effectivité. L’Anthropocène devient ainsi une force déceptive d'apprentissage, qui nous apprend à voir et à sentir l’intolérable plutôt qu’à reconstruire du sens, à vivre l’invivable dans la vie plutôt que sa résilience, à déprojeter des « futurs obsolètes » plutôt que de projeter des futurs souhaïtables, à faire l’épreuve d'une paralysie plutôt que de restaurer une capacité d'agir. --- > links : > references :