## Metadata
- Author: Mauss, Marcel
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## Highlights
aux deux lois de similarité et de contiguïté distinguées par Frazer une troisième loi d’association, qu’ils appellent loi de contrariété
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don selon Mauss vient de ce qu’il ouvre un espace et un temps d’attente qui se décrit psychologiquement par le terme de croyance et juridiquement par la forme du crédit
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la magie est une relation entre les hommes et les choses par l’intermédiaire des dieux
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La sociologie de Mauss est donc bien éloignée de la thèse de la « démagification » (Entzauberung) telle qu’elle est mobilisée par Max Weber. Pour Weber, le problème était de comprendre comment la magie pouvait revenir dans un processus de rationalisation qui paraissait irréversible historiquement ; d’où l’analyse du charisme et de ses diverses formes de routinisation à travers la rationalité bureaucratique moderne11. Pour Mauss, le problème est
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il faut retenir de Tylor ce problème de la double vision qui donne l’impulsion à une science de la culture posant la question : qu’est-ce que voir le monde de façon magique ?
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aussi simple que de donner une substance avec une formule magique peut-elle avoir des effets dans l’ensemble de la société ?
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Le problème posé par Hubert et Mauss est donc de décrire cette « force mystique » qui pousse les individus à croire à l’efficacité des pratiques magiques. Comment une action
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le don une relation des hommes entre eux par l’intermédiaire des choses
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Hubert et Mauss, en accord avec Durkheim, renvoient dos-à-dos Robertson Smith et Frazer en montrant que la magie, au lieu de donner naissance à la religion et à la science, présuppose la coupure entre le sacré et le profane
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Bronislaw Malinowski apporte en effet une nouvelle réponse à la question qui anime l’anthropologie britannique : qu’est-ce que percevoir et agir de façon magique ?
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Une sociologie de la magie doit donc décrire comment ces pratiques occultes s’inscrivent dans une société gouvernée par la vérité et la justice, qui sont les valeurs républicaines promues par le camp dreyfusard.
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Evans-Pritchard remarque que, sous l’influence de la colonisation européenne, la magie a cessé d’influencer toute la vie sociale des Azandé et s’est retranchée dans des associations secrètes, qui peuvent alors être contestées par ceux qui n’en sont pas membres, alors que la croyance à la magie était jusque-là partagée par toute la société
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Malinowski d’affirmer que la magie est la chose la plus ordinaire qui soit dans une société où l’action se heurte à l’incertitude
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le magicien rassemble une clientèle et prescrit des actions sur les choses en fonction de leurs propriétés30
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La magie se présente en effet moins comme un grand rituel spectaculaire que comme un ensemble de recettes de cuisine, un « art d’accommoder les choses » (p. 106).
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À travers le sacrifice, une victime est détruite de façon rituelle par l’intermédiaire d’un prêtre, qui établit ainsi d’abord une séparation puis une communication entre le sacré et le profane
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plutôt de comprendre comment la magie polarise la rationalité du sacrifice en orientant les choses dans un espace social ; d’où l’analyse des croyances et de leurs diverses formes d’organisation économique
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Il note enfin qu’une telle influence de la magie n’est possible que dans une société reposant sur l’autorité d’un roi, car toutes les contestations de la magie sont résolues au niveau du souverain qui procède à des oracles tranchant les conflits en dernière instance.
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« Les expressions : contrainte, force, autorité, nous avons pu les utiliser autrefois, et elles ont leur valeur, mais cette notion de l’attente collective est à mon avis l’une des plus fondamentales sur lesquelles nous devons travailler. Je ne connais pas d’autre notion génératrice de droit et d’économie : Je m’attends, c’est la définition même de tout acte de nature collective1. »
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William Robertson Smith et James Frazer ont repris cette description tylorienne de la magie en expliquant comment la religion pour l’un, la science pour l’autre, en
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cette discontinuité se retrouverait dans l’histoire : il y aurait un âge purement magique et c’est seulement plus tard que l’âge de la religion aurait commencé17
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Le sacrifice se caractérise donc par une organisation publique et par le sentiment de respect qu’il inspire à ceux qui y assistent : il élève littéralement les individus au-dessus d’eux-mêmes dans un moment d’intense activité collective qui définit un centre de l’espace social
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La distinction entre rationalité pratique et épistémique de la magie se pose à partir d’une crise politique qui a fait entrer les pratiques magiques au cœur de la raison d’État, d’une façon qui singularise le texte de Hubert et Mauss dans l’ensemble des analyses de la magie.
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le sacrifice est une relation entre les hommes et les dieux par l’intermédiaire des choses
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Mais le défi de suivre la façon dont les pratiques magiques contaminent les catégories juridiques par leur dynamique affective conduit aux grandes doctrines de la rationalité que sont le structuralisme et le cognitivisme
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sont issues
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L’efficacité du
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de la forme étatique à des domaines plus intimes de la vie sociale, loin de faire disparaître les pratiques magiques, les aurait fait au contraire proliférer10
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La magie ne se distingue point de la religion par le caractère miraculeux de ses effets ou le mécanisme de ses procédés mais par ce qu’elle présente d’anormal en un point donné de l’espace ou du temps et d’incompatible avec le système des idées reçues et des images coutumières. Les recettes de la magie sont d’autant plus efficaces qu’elles viennent de plus loin34
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M. Taussig, The Magic of the State, Londres, Routledge, 1997 ; B. Meyer et P. Pels, Magic and Modernity : Interfaces of Revelation and Concealment, Stanford, Stanford University Press, 2003.
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selon la définition que Mauss en donne avec Fauconnet en 1901, « un ensemble d’actes et d’idées tout institué que les individus trouvent devant eux et qui s’impose plus ou moins à eux28. »
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Le problème posé par Frazer est donc : comment expliquer des énoncés apparemment irrationnels par des croyances considérées comme primitives15 ?
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Les travaux historiques et ethnographiques récents ont souligné le fait que les pratiques magiques sont au cœur de la rationalité étatique, soit pour la contester soit pour la renforcer, en sorte que l’extension
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Dans la sociologie fondée par Emile Durkheim comme « science des faits sociaux », le sacrifice est l’institution collective par excellence
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La magie serait ainsi la technologie qui régule l’économie du don de façon équivalente au droit dans une économie de la marchandise
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Les pratiques magiques reposent sur des représentations mentales, au sens où elles présentent les choses autrement qu’elles ne sont, en faisant voir par exemple toute une armée derrière une poupée (p. 126). C’est qu’entre la chose et l’esprit individuel s’interpose la représentation collective issue de l’action en commun
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En définitive, c’est toujours la société qui se paie elle-même de la fausse monnaie de son rêve » (p. 201). Dans cette définition, le critère de la vérité et de la fausseté n’est plus appliqué aux énoncés de la magie mais aux choses qu’elle conduit à échanger46
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Les comportements apparemment pathologiques du magicien sont expliqués par un excès de signifiant répondant au déficit de signifié chez les individus normaux48
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Selon ces analyses, il faudrait plutôt comprendre les énoncés magiques en fonction de leurs effets pragmatiques dans des contextes d’énonciation.
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Si la magie est un jugement a priori, c’est un jugement de valeur. Cela signifie qu’elle ajoute aux choses non pas une nouvelle réalité – la société comme juge ou comme pouvoir – mais une émotion qui les oriente et les qualifie
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51. P. Bourdieu et Yvette Delsaut, « Le couturier et sa griffe. Contribution à une théorie de la magie », Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, p. 23.52. A. Gell, « Technology and Magic », Anthropology Today, vol. 4, no 2, 1988, p. 6-9
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C’est ainsi que l’anormalité du magicien devient normale : à force d’être répétées devant des publics différents, ses formules et ses incantations deviennent des rôles qui lui attribuent une véritable fonction sociale
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Le pouvoir des mots ne réside pas dans les mots mais dans les conditions qui donnent pouvoir aux mots en produisant la croyance collective, c’est-à-dire la méconnaissance collective de l’arbitraire de la création de valeur qui s’impose à travers un usage déterminé des mots.
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Dans « Le sorcier et sa magie », Lévi-Strauss montre qu’un individu qui ne croit pas lui-même au pouvoir de la magie est conduit à agir de façon magique du fait du cadre social dans lequel il est impliqué
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Ainsi la « griffe » du couturier agit-elle comme la signature d’un grand auteur en signalant la valeur d’un produit qu’elle contribue à instituer
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Gell définit la magie comme une « technologie de l’enchantement », au sens où elle dispose les choses de façon favorable pour les intérêts d’un « enchanteur », qui doit à la fois manifester son pouvoir et le cacher52
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La sociologie des champs proposée par Bourdieu conduit à analyser les formes de délégation de pouvoir dans les objets magiques sur le modèle du pouvoir des signatures.
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Lévi-Strauss accentue le formalisme juridique à l’œuvre dans la sociologie durkheimienne en faisant du magicien un opérateur de commutation entre des niveaux de structures qui se déploient dans les systèmes de parenté ou dans les récits mythologiques.
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Si « le magicien simule parce qu’on lui demande de simuler » (p. 161), cela signifie que la simulation n’est pas la supercherie d’un individu mais un spectacle que la société se donne à elle-même
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Le magicien ne peut avoir du crédit auprès de ses clients que s’il transforme les choses en valeurs, c’est-à-dire qu’il les présente de telle façon qu’elles suscitent une attente auprès de son public.
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On bute cependant ici sur la difficulté radicale d’une sociologie de la magie : y a-t-il un lieu ou un moment où ce « tout réel » apparaît clairement ?
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L’analyse faite, il reste toujours un résidu dont le magicien a lui-même conscience45. » Cette formule célèbre signifie que le « tout réel » de la magie s’obtient moins en recomposant l’ensemble des éléments qui la caractérisent qu’en partant du sens de ces éléments tel qu’il est qualifié par les magiciens eux-mêmes.
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De même que les mots n’ont que des rapports lointains ou nuls avec les choses qu’ils désignent, de même, entre le signe magique et la chose signifiée, il n’y a que des rapports très étroits mais très irréels » (p. 139). S’il y a quelque chose de faussé dans la magie, ce n’est pas l’intention des individus qui simuleraient une croyance, mais le langage lui-même, en tant qu’un symbole linguistique n’est jamais nécessairement motivé.
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35. « Magie et démonologie chez les Sémites », L’Année sociologique, 1900, in Œuvres II, op. cit., p. 379
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la magie est analysée par Bourdieu comme une délégation du pouvoir de l’institution à des signes qui semblent porteurs de leur propre pouvoir.
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Sous le concept de perspectivisme, Viveiros décrit la magie comme une technique par laquelle les humains peuvent prendre le point de vue des non-humains avec lesquels ils interagissent, par contraste avec les techniques scientifiques par lesquelles les humains agissent sur les non-humains en leur déniant toute agentivité.
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La polarité entre le sacrifice et la magie est aussi un outil critique pour mesurer jusqu’à quel point ces nouvelles technologies peuvent se stabiliser, et les effets qu’elles ont sur les corps des individus.
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Il s’agit alors de savoir ce qui permet au magicien de se projeter dans le futur en suscitant une attente par des promesses
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Hubert et Mauss sont alors en droit d’écrire que « la magie forme bien un tout réel » (p. 150)
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Lévi-Strauss compare le mana à un symbole algébrique utilisé « pour représenter une valeur indéterminée de signification, en elle-même vide de sens et donc susceptible de recevoir n’importe quel sens, dont l’unique fonction est de combler un écart entre le signifiant et le signifié. »
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la pensée mythique « postule un déterminisme global et intégral49 » parce qu’elle suppose que tout élément peut être relié à un autre pour expliquer une situation d’infortune.
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L’anthropologie structurale tend ainsi à réduire l’interaction entre le magicien et son client à un drame cosmologique rejouant l’origine du langage
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Dans le sacrifice, le symbole est la représentation que la société se donne d’elle-même à travers une victime réduite à une chose. Dans la magie, le symbole se constitue dans les rapports entre les choses établis collectivement à travers des « correspondances symboliques » ou des « signatures » (p. 138)
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Mais les pratiques magiques supposent aussi une scène publique où les individus jouent des personnages et se re-présentent à travers le masque ou le rôle qu’ils prennent dans la vie sociale40.
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Il faut donc concevoir dans le travail d’institutionnalisation des « forces mystiques » des degrés, tels que la magie prend parfois une forme religieuse et parfois une forme antireligieuse, car elle peut s’appuyer sur les représentations d’une nouvelle religion pour en contester une ancienne.
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Les magiciens constituent ainsi une classe sociale à part, souvent considérée comme étrangère à l’ordre social, mais dont les représentations intéressent l’ensemble de la société du fait même de leur étrangeté, qu’elles expriment depuis une position singulière dans l’espace social
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futur : ainsi Mauss propose-t-il une « définition large de la magie, qui en fait un moyen de créer le futur35 »
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La magie déborde en effet la perception immédiate des choses pour poser des relations entre leurs propriétés qui indiquent un état
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Le mana mélanésien se présente en effet comme le hau maori, défini par Mauss dans l’Essai sur le don comme « esprit de la chose donnée » : il résout l’énigme de comportements exotiques dans la théorisation qu’en fait une société éloignée. Au contraire, pour Lévi-Strauss, le mana n’est pas un principe qui unifie les choses comme dans la logique classique, mais un décalage ou une défaillance qui fait passer d’une relation à une autre, et même d’un niveau de relation à un autre dans une structure feuilletée en plusieurs niveaux d’abstraction logique.
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Cette formule permet de mesurer l’écart entre une sociologie du sacrifice et une sociologie de la magie : la première part d’une représentation claire de la société dans les relations entre les hommes et les dieux, la seconde d’une image faussée de la société dans les relations entre les hommes et les choses par l’intermédiaire des dieux
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Les pratiques traditionnelles avec lesquelles les actes magiques peuvent être
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Des actes qui ne se répètent pas ne sont pas magiques
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Nous appelons ainsi tout rite qui ne fait pas partie d’un culte organisé, rite privé, secret, mystérieux et tendant comme limite vers le rite prohibé
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M. Lehmann
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On le voit suivre immédiatement la cause ; les produits sont homogènes aux moyens : le jet fait partir le javelot et la cuisine se fait avec du feu
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De plus, la tradition est sans cesse contrôlée par l’expérience qui met constamment à l’épreuve la valeur des croyances techniques
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Les actes rituels, au contraire, sont, par essence, capables de produire autre chose que des conventions ; ils sont éminemment efficaces ; ils sont créateurs ; ils font. Les rites magiques sont même plus particulièrement conçus comme tels ; à tel point qu’ils ont souvent tiré leur nom de ce caractère effectif
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Des actes à l’efficacité desquels tout un groupe ne croit pas, ne sont pas magiques
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La magie n’est pas en effet, comme le sacrifice, une de ces habitudes collectives qu’on peut nommer, décrire, analyser, sans jamais craindre de perdre le sentiment qu’elles ont une réalité, une forme et une fonction distinctes
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La magie constitue ainsi, à la fois, toute la vie mystique et toute la vie scientifique du primitif. Elle est le premier étage de l’évolution mentale que nous puissions supposer ou constater
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Dans les techniques, l’effet est conçu comme produit mécaniquement. On sait qu’il résulte directement de la coordination des gestes, des engins et des agents physiques
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Mais les techniques, elles aussi, sont créatrices. Les gestes qu’elles comportent sont également réputés efficaces.
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La série des gestes de l’artisan est aussi uniformément réglée que la série des gestes du magicien
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La magie comprenant des agents, des actes et des représentations : nous appelons magicien l’individu qui accomplit des actes magiques, même quand il n’est pas un professionnel ; nous appelons représentations magiques les idées et les croyances qui correspondent aux actes magiques ; quant aux actes, par rapport auxquels nous définissons les autres éléments de la magie, nous les appelons rites magiques.
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confondus sont : les actes juridiques, les techniques, les rites religieux
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La magie, qu’il définit, « la mise en pratique des superstitions », c’est-à-dire « des croyances qui ne sont ni religieuses ni scientifiques », subsiste dans nos sociétés sous les formes observables du spiritisme et de l’occultisme
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Le semblable produit le semblable ; les choses qui ont été en contact, mais qui ont cessé de l’être, continuent à agir les unes sur les autres, comme si le contact persistait. » On peut ajouter comme corollaire : « La partie est au tout comme l’image est à la chose représentée. »
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Pour M. Frazer, sont magiques les pratiques destinées à produire des effets spéciaux par l’application des deux lois dites de sympathie, loi de similarité et loi de contiguïté,
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Elle n’est qu’à un faible degré une institution ; elle est une espèce de total d’actions et de croyances, mal défini, mal organisé, même pour celui qui la pratique et qui y croit
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On peut poser en thèse générale que les individus, auxquels l’exercice de la magie est attribué, ont déjà, abstraction faite de leur qualité magique, une condition distincte à l’intérieur de la société qui les traite de magiciens
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Il échappe même aux lois de la contradiction
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Il a la faculté d’évoquer en réalité plus de choses que les autres n’en peuvent rêver.
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Les éléments de la magieI – Le magicien
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Il se croit alors, souvent, et paraît, toujours, transporté hors de l’humanité
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C’est donc l’opinion qui crée le magicien et les influences qu’il dégage
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Non seulement il y a des magiciens, mais théoriquement, dans beaucoup de sociétés, l’exercice de la magie leur est réservé.
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Il a le don d’ubiquité
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l’agent des rites magiques
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Non seulement la profession de magicien constitue une spécialité, mais encore elle a, elle-même, normalement, ses spécialités
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À sa volonté, elle se transporte au lieu de son action, pour y agir physiquement
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2 – L’initiation, la société magique
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il arrive souvent que les magiciens ont une autorité politique de premier ordre ; ils sont des personnages influents, souvent considérables
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De cette loi de similarité on connaît deux formules principales, qu’il importe de distinguer : le semblable évoque le semblable, similia similibus evocantur ; le semblable agit sur le semblable et spécialement guérit le semblable, similia similibus curantur
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les magiciens et les représentations de la magie, en disant que les uns étaient les agents des rites magiques, les autres les représentations qui leur correspondent, nous les avons rapportés aux rites magiques
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Il y a deux ordres de fonctions spéciales dans la société dont nous avons déjà rapproché la magie. Ce sont, d’une part, les techniques et les sciences, de l’autre, la religion.
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Le moment où le rite doit s’accomplir est soigneusement déterminé
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Dans un art ou dans une science, les principes et les moyens d’action sont élaborés collectivement et transmis par tradition. C’est à ce titre que les sciences et les arts sont bien des phénomènes collectifs
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la magie a bien l’air d’être une gigantesque variation sur le thème du principe de causalité
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Normalement, les choses magiques sont, sinon consacrées au sens religieux, du moins incantées, c’est-à-dire revêtues d’une sorte de consécration magique
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Les rites de contiguïté sont, par définition, de simples transmissions de propriétés
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La magie sculpte, modèle, peint, dessine, brode, tricote, tisse, grave
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les rites de similarité ne sont tels que parce qu’ils se réduisent, pour ainsi dire, à la contemplation unique et absorbante d’une seule propriété
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qu’un précepte magique comprend, outre l’indication d’une ou plusieurs opérations centrales, l’énumération d’un certain nombre d’observances accessoires, tout à fait équivalentes à celles qui entourent les rites religieux
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II – Les actes
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III – Les représentations
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nous est donnée dans l’identification de la partie au tout
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du rite manuel correspondant
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La cérémonie magique ne se fait pas n’importe où, mais dans les lieux qualifiés
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un groupe d’incantations qui correspond à ce que nous avons appelé les rites sympathiques
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Les incantations sont faites dans un langage spécial qui est le langage des dieux, des esprits, de la magie
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Elle s’en distingue profondément quand elle fait appel à des agents spéciaux, à des intermédiaires spirituels, se livre à des actes de culte et se rapproche de la religion par ses emprunts qu’elle lui fait
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on peut déjà poser en thèse générale que les sacrifices ne forment pas, dans la magie, comme dans la religion, une classe bien fermée de rites très spécialisés
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Enfin, certaines dispositions mentales sont exigées ; il est nécessaire d’avoir la foi, d’être sérieux
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les rites magiques sont extraordinairement formels et tendent, non pas à la simplicité du geste laïque, mais au raffinement le plus extrême de la préciosité mystique.
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contiguïté, similarité et contrariété, valent simultanéité, identité, opposition, en pensée et en fait.
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2 – Représentations impersonnelles concrètes
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Les rites manuels. – Dans l’état actuel de la science des religions, le groupe des rites sympathiques ou symboliques est le premier qui se présente comme ayant plus particulièrement un caractère magique
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Ces conditions de transmission, cette espèce de contrat, montrent que, pour être donné de personne à personne, l’enseignement n’en fait pas moins entrer dans une véritable société fermée
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1 – Représentations impersonnelles abstraites. Les lois de la magie
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En règle générale, on peut dire que la magie multiplie les conditions des rites, au point de paraître rechercher des échappatoires et même d’en trouver
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Un troisième moment de notre représentation totale est celui où l’on conçoit qu’il y a entre les êtres et les choses intéressés dans le rite une certaine relation
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Les rites oraux. – On désigne d’ordinaire les rites oraux magiques sous le nom générique d’incantations
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une simple figure est, en dehors de tout contact et de toute communication directe, intégralement représentative
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L’idée de la continuité magique, que celle-ci soit réalisée par relation préalable de tout à partie, ou par contact accidentel, implique l’idée de contagion
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ni le fonctionnement de la loi de continuité
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Si tous ces rites oraux tendent vers les mêmes formes, c’est qu’ils ont tous la même fonction. Ils ont tout au moins pour effet d’évoquer une puissance et de spécialiser un rite
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Il y a ensuite des rites sacrificiels
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La préparation des matières et la confection des produits est l’objet principal et central de cérémonies complètes, avec rites d’entrée et rites de sortie.
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IV – Observations générales
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Ajoutons que la magie fait fonction de science et tient la place des sciences à naître. Ce caractère scientifique de la magie a été généralement aperçu et intentionnellement cultivé par les magiciens. L’effort vers la science dont nous parlons est naturellement plus visible dans ses formes supérieures qui supposent des connaissances acquises, une pratique raffinée, et qui s’exercent dans des milieux où l’idée de la science positive est, déjà présente.
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ces représentations impersonnelles concrètes qui sont les propriétés, les qualités
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le système de l’incantation a une telle importance dans la magie qu’il est, dans certaines magies, extrêmement différencié
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la similitude vaut la contiguïté
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dans l’application de la loi, tout un travail d’interprétation qui est fort remarquable
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On utilise sur le terrain magique des matières et des instruments, mais ces derniers ne sont jamais quelconques. Leur préparation et leur choix sont l’objet de rites et sont même tout particulièrement soumis, eux aussi, à des conditions de temps et de lieu
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2 – La nature des rites
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la loi de contrariété. En effet, lorsque le semblable guérit le semblable, c’est qu’il produit un contraire
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Un autre procédé, qui donne lieu à une sorte de classe d’incantations sympathiques, est la description même
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La seconde loi, la loi de similarité, est une expression moins directe que la première de la notion de sympathie
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Quant au magicien et à son client, ils sont, par rapport au rite magique, ce que le sacrifiant et le sacrificateur sont par rapport au sacrifice : ils doivent, eux aussi, se soumettre à des rites préliminaires, qui ne portent quelquefois que sur eux, mais quelquefois aussi sur leur famille ou sur leur groupe tout entier
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Les actes du magicien sont des rites
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Elle ressemble aux techniques laïques par ses fins pratiques, par le caractère mécanique d’un grand nombre de ses applications, par le faux air expérimental de quelques-unes de ses notions principales
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les lois de contiguïté, de similarité, de contraste : les choses en contact sont ou restent unies, le semblable produit le semblable, le contraire agit sur le contraire
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Le minimum de représentation que comporte tout acte magique, c’est la représentation de son effet.
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un troisième groupe de rites verbaux, que nous appellerons incantations mythiques
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la notion abstraite de similarité est inséparable de la notion abstraite de contrariété ; les formules de la similarité pourraient donc se réunir dans la formule « le contraire est chassé par le contraire », en d’autres termes être comprises dans la loi de contrariété.
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les rites d’origine ; ceux-ci décrivent la genèse, énumèrent les qualités et les noms de l’être, de la chose ou du démon visé par le rite
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Le minimum de qualification dont on puisse se contenter, c’est que le lieu ait une corrélation suffisante avec le rite
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Ces représentations concrètes, mêlées aux représentations abstraites, permettent, à elles seules, de concevoir un rite magique
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La deuxième forme de la loi de similarité, le semblable agit sur le semblable, similia similibus curantur, diffère de la première en ce que, dans son expression même, on tient précisément compte de ces phénomènes d’abstraction et d’attention qui conditionnent toujours, comme nous l’avons dit, l’application de l’autre
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Les magiciens ont des caractéristiques communes ; les effets produits par les opérations magiques ont toujours, malgré leur infinie diversité, quelque chose de commun ; les procédés divergents se sont associés en types et en cérémonies complexes ; les notions les plus différentes se complètent et s’harmonisent, sans que le total ne perde rien de son aspect incohérent et disloqué. Ses parties forment bien un tout.
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La magie prépare des images
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Le fait que toute incantation soit une formule et que tout rite manuel ait virtuellement une formule, démontre déjà le caractère formaliste de toute la magie
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la loi de contiguïté
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Les rites de contrariété ne sont que des luttes de propriétés de même genre, mais d’espèce contraire
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1 – Les conditions des rites
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les cérémonies comportent celui de tout un outillage, dont les pièces ont fini par avoir une valeur magique qui leur est propre
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3 – Représentations personnelles. Démonologie
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Les uns confondent la magie avec les techniques et les sciences, les autres l’assimilent aux religions. Elle est quelque chose d’intermédiaire, entre les unes et les autres, qui ne se définit ni par ses buts, ni par ses procédés, ni par ses notions
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Les pratiques magiques ne sont pas vides de sens. Elles correspondent à des représentations, souvent fort riches, qui constituent le troisième élément de la magie. Nous avons vu que tout rite est une espèce de langage. C’est donc qu’il traduit une idée.
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Une deuxième catégorie d’êtres magiques est celle des démons
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Entre le souhait et sa réalisation, il n’y a pas, en magie, d’intervalle
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Une première catégorie d’esprits magiques est constituée par les âmes des morts.
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Si distincts que soient, en effet, les divers moments de la représentation d’un rite magique, ils sont inclus dans une représentation synthétique, où se confondent les causes et les effets
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Les représentations impersonnelles de la magie, ce sont les lois qu’elle a posées implicitement ou explicitement, au moins par l’organe des alchimistes et des médecins
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Dans la détermination des symboles, dans leur utilisation, se passent les mêmes phénomènes d’attention exclusive et d’abstraction, sans lesquels nous n’avons pu concevoir ni l’application de la loi de similarité
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une classe de rites qui équivalent aux rites de la sacralisation et de la désacralisation religieuses
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Ceux qui les ont réduits les premiers en systèmes sont des philosophes et non pas des magiciens ; c’est la philosophie ésotérique qui a fourni la théorie des représentations de la magie
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En somme, dès que nous en arrivons à la représentation des propriétés magiques, nous sommes en présence de phénomènes semblables à ceux du langage
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On devient magicien par révélation, par consécration et par tradition
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Mais, tandis que toute science, même la plus traditionnelle, est encore conçue comme positive et expérimentale, la croyance à la magie est toujours a priori
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Mais les éléments de la magie, n’étant pas séparables les uns des autres et même se confondant les uns avec les autres, ne peuvent pas être l’objet de croyances distinctes. Ils sont, tous à la fois, l’objet d’une même affirmation
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La magie est, par définition, objet de croyance
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La magie est donc, dans son ensemble, l’objet d’une croyance a priori ; cette croyance est une croyance collective, unanime, et c’est la nature de cette croyance qui fait que la magie peut aisément franchir le gouffre qui sépare ses données de ses conclusions
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En cela la croyance à la magie n’est pas très différente des croyances scientifiques, puisque chaque société a sa science, également diffuse, et dont les principes ont été quelquefois transformés en dogmes religieux
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Pas plus que le sacrifice, la vie religieuse n’admet d’initiative individuelle : l’invention ne s’y produit que sous forme de révélation
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La foi dans la magie précède nécessairement l’expérience
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la religion est un phénomène essentiellement collectif dans toutes ses parties
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La magie est crue et non pas perçue
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considérons, un instant, les représentations et les opérations magiques comme des jugements
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Le mana est proprement ce qui fait la valeur des choses et des gens, valeur magique, valeur religieuse et même valeur sociale
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Donc, si notre analyse est exacte, nous retrouvons à la base de la magie une représentation singulièrement confuse et tout à fait étrangère à nos entendements d’adultes européens
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l’idée de pouvoir ou encore mieux, comme on l’a appelée, de « potentialité magique »
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qu’il y a, à la racine même de la magie, des états affectifs, générateurs d’illusions, et que ces états ne sont pas individuels, mais qu’ils résultent du mélange des sentiments propres de l’individu aux sentiments de toute la société
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Il y a, dans la société, un inépuisable fond de magie diffuse, auquel le magicien lui-même puise et qu’il exploite consciemment
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Elle est donnée a priori, préalablement à toute expérience.
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C’est ce que prouvent excellemment la puissance magique des mots et le fait que, souvent, la vertu magique des choses tient à leur nom
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Nous devons considérer la magie comme un système d’inductions a priori, opérées sous la pression du besoin par des groupes d’individus
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Toute la magie, en somme, sort de l’orenda.
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C’est l’idée d’une force dont la force du magicien, la force du rite, la force de l’esprit ne sont que les expressions différentes, suivant les éléments de la magie
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Cette notion comprend, en outre, l’idée d’un milieu où s’exercent les pouvoirs en question
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Nous admettons donc, comme M. Lehmann, que la magie implique l’excitabilité mentale de l’individu et qu’il se développe, par exemple chez le chercheur d’eau, une espèce d’hyperesthésie
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valeur magique des choses résulte de la position relative qu’elles occupent dans la société ou par rapport à celle-ci
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D’ailleurs, on pourrait se demander si bon nombre des généralisations hâtives qu’a connues l’humanité, ne furent pas opérées dans de pareilles conditions, et si la magie n’en fut pas responsable
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Toute la série des phénomènes, normalement successifs, volition, idée, mouvement musculaire, satisfaction du désir, deviennent alors absolument simultanés. C’est parce que la société gesticule que la croyance magique s’impose et c’est à cause de la croyance magique que la société gesticule. On n’est plus en présence d’individus isolés qui croient, chacun pour soi, à leur magie, mais en présence du groupe entier qui croit à la sienne.
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le jugement magique reçoit l’adhésion de groupes étendus de sociétés et de civilisations entières. Quand il y a jugement magique, il y a synthèse collective, croyance unanime, à un moment donné, dans une société, à la vérité de certaines idées, à l’efficacité de certains gestes
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les croyances magiques particulières sont dominées par une croyance générale à la magie qui, elle, échappe aux prises de la psychologie individuelle. Or, c’est cette croyance qui permet d’objectiver les idées subjectives, et de généraliser les illusions individuelles
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les jugements magiques sont, comme on dit, des jugements synthétiques a priori presque parfaits
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conditions et de formes. Ce milieu est très souvent défini par des cercles d’interdictions, par des rites d’entrée et de sortie. Tout ce qui y entre est de même nature que lui ou devient de même nature. La teneur générale des gestes et des mots s’y trouve affectée. L’explication de certains rites sympathiques par les lois de la sympathie laisse donc un double résidu.
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La notion de force magique est d’ailleurs, de ce point de vue, tout à fait comparable à notre notion de force mécanique
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toutes les affirmations magiques, même les plus particulières, reposent sur une affirmation parfaitement générale, celle du pouvoir magique, contenue elle-même dans celle du mana
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En magie, comme en religion, comme en linguistique, ce sont les idées inconscientes qui agissent
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En résumé, l’orenda n’est ni le pouvoir matériel, ni l’âme, ni l’esprit individuel, ni la vigueur et la force ; M. Hewitt établit, en effet, qu’il existe d’autres termes pour désigner ces diverses idées ; et il définit justement l’orenda : « Une puissance ou une potentialité hypothétique de produire des effets d’une façon mystique. »
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Qu’on nous entende bien, nous ne disons pas que la magie ne fait jamais appel à l’analyse ou à l’expérience, mais
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d’un besoin social, sous la pression duquel se déclenche toute une série de phénomènes de psychologie collective
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en est qu’elle a pu être fortement réduite par les progrès de la civilisation et qu’elle varie dans sa teneur avec les sociétés et avec les diverses phases de la vie d’une même société.
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Mais il est bien entendu que cette catégorie n’est pas donnée dans l’entendement individuel, comme le sont les catégories de temps et d’espaces
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C’est elle qui confère au jugement magique son caractère affirmatif, nécessaire et absolu
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À proprement parler, elle n’est pas, en effet, une représentation de la magie comme le sont la sympathie, les démons, les propriétés magiques. Elle régit les représentations magiques, elle est leur condition, leur forme nécessaire. Elle fonctionne à la façon d’une catégorie, elle rend possibles les idées magiques comme les catégories rendent possibles les idées humaines
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la cérémonie sympathique ne se passe pas comme un acte ordinaire
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Elle fonde cette idée nécessaire d’une sphère superposée à la réalité, où se passent les rites, où le magicien pénètre, qu’animent les esprits, que sillonnent les effluves magiques
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Or, c’est par les procédés discursifs de pareils entendements individuels que la science des religions a jusqu’ici tenté d’expliquer la magie
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Cette notion de force et cette notion de milieu sont inséparables ; elles coïncident absolument et sont exprimées en même temps par les mêmes moyens
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L’orenda, c’est du pouvoir, du pouvoir mystique. Il n’est rien dans la nature, et, plus spécialement, il n’est pas d’être animé qui n’ait son orenda. Les dieux, les esprits, les hommes, les bêtes sont doués d’orenda. Les phénomènes naturels, comme l’orage, sont produits par l’orenda des esprits de ces phénomènes.
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le caractère social à la fois de la magie et de la notion de mana
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Elles sont sociales et non pas expérimentales
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Le jugement magique est l’objet d’un consentement social, traduction
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L’état de l’individu est, pour nous, toujours conditionné par l’état de la société
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nous disons qu’elle est très faiblement analytique, faiblement, expérimentale, et presque totalement a priori
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Par-là, elle s’est rapprochée des sciences et, en définitive, elle leur ressemble puisqu’elle se dit résulter de recherches expérimentales et de déductions logiques faites par des individus. Par là encore, elle ressemble également, et de plus en plus, aux techniques qui, d’ailleurs, répondent aux mêmes besoins positifs et individuels
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Le mana n’est pas simplement une force, un être, c’est encore une action, une qualité et un état. En d’autres termes, le mot est à la fois un substantif, un adjectif, un verbe.
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Ce qui nous explique la théorie d’un psychologue comme M. Lehmann, c’est que la part de la société, dans la magie moderne, est à peu près entièrement subconsciente
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Ainsi, pour que la magie existe, il faut que la société soit présente
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la preuve
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Il y a plus, ne serait-ce pas dans la magie que les hommes ont appris à induire ?
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On pourrait dire encore, pour mieux exprimer comment le monde de la magie se superpose à l’autre sans s’en détacher, que tout s’y passe comme s’il était construit sur une quatrième dimension de l’espace, dont une notion comme celle de mana exprimerait, pour ainsi dire, l’existence occulte
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Les faits que nous venons d’interpréter ne se sont pas produits seulement dans le monde malayo-polynésien ou océanien. Ils sont universels. Ces observances collectives qui témoignent de la solidarité magique d’une famille ou d’un groupe, nous les retrouvons aussi en Europe
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De même que nous nommons force la cause des mouvements apparents, de même la force magique est proprement la cause des effets magiques : maladie et mort, bonheur et santé, etc.
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La magie s’est souvenue, tout le long de son existence, de son origine sociale. Chacun de ses éléments, agents, rites, et représentations, non seulement perpétue le souvenir de ces états collectifs originels, mais encore donne lieu à leur reproduction sous une forme atténuée
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Les deux notions de vertu magique et de position sociale coïncident dans la mesure où c’est l’une qui fait l’autre. Il s’agit toujours au fond, en magie, de valeurs respectives reconnues par la société. Ces valeurs ne tiennent pas, en réalité, aux qualités intrinsèques des choses et des personnes, mais à la place et au rang qui leur sont attribués par l’opinion publique souveraine, par ses préjugés
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La magie est donc un phénomène social
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l’histoire des techniques nous apprend qu’il y a, entre elles et la magie, un lien généalogique
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Elle attache une importance extrême à la connaissance et celle-ci est un de ses principaux ressorts
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elle fait avec des mots et des gestes ce que les techniques font avec du travail
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La magie est à la fois un opus operatum au point de vue magique et un opus inoperans au point de vue technique
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Pour nous, les techniques sont comme des germes qui ont fructifié sur le terrain de la magie ; mais elles ont dépossédé celle-ci
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Nous venons de dire que la magie tendait à ressembler aux techniques, à mesure qu’elle s’individualisait et se spécialisait dans la poursuite de ses diverses fins. Mais il y a, entre ces deux ordres de faits, plus qu’une similitude extérieure : il y a identité de fonction, puisque, comme nous l’avons vu dans notre définition, les uns et les autres tendent aux mêmes fins
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pour elle, savoir c’est pouvoir
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Ni les techniques, ni les sciences, ni même les principes directeurs de notre raison ne sont encore lavés de leur tache originelle.
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La magie se relie aux sciences, de la même façon qu’aux techniques
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Il faut dire que ces gestes sont des ébauches de techniques
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Elle travaille dans le sens où travaillent nos techniques, industries, médecine, chimie, mécanique, etc
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La magie n’a de parenté véritable qu’avec la religion, d’une part, les techniques et la science, de l’autre