## Metadata - Author: Norbert Wiener - [Apple Books Link](ibooks://assetid/504228D67239BA33357C8A8BE9BB73BF) ## Highlights Il s’agit dans le cas présent de maintenir à l’écart les sciences sociales, conformément à ce qui est déjà annoncé dans le chapitre VIII de ce livre --- d’autre part, elle en désigne une spécifique, qui ne peut être réduite à aucune autre, celle des modèles de rétroaction --- Davantage ou plutôt qu’un formalisme, c’est donc un contexte méthodologique qui spécifie un modèle de rétroaction, et définit au mieux la cybernétique. --- La projection anthropomorphique de notions initialement humaines sur des phénomènes vivants, par l’intermédiaire de ces machines, peut relever d’une « pensée magique » plus ou moins subsistante ; mais elle peut aussi être méthodologique --- Nous nageons à contre-courant d’un grand processus de désorganisation, qui tend à tout réduire à l’état de mort thermique et d’équilibre décrits par la seconde loi de la thermodynamique. Ce que Maxwell, Boltzmann et Gibbs appellent mort thermique trouve un analogue dans l’éthique de Kierkegaard, qui a remarqué que nous vivons dans un univers moral chaotique. Dans cet univers, notre devoir est de construire des enclaves arbitraires d’organisation 38. --- au lieu de dire que l’information est une notion physique parce qu’elle est liée à l’entropie, Wiener écrit exactement le contraire : c’est l’entropie qui a un sens opérationnel, la quantité qu’elle désigne n’a pas d’existence indépendante, elle « exprime l’information dont nous disposons sur le monde 34 » --- la valeur épistémologique des méthodes doit être jugée non en référence à une science parfaite inaccessible, mais à la science que l’on peut effectivement faire dans un univers intrinsèquement chaotique et incertain, au sujet duquel toute information est limitée --- plutôt qu’un physicalisme, n’a-t-on pas affaire à un anthropomorphisme ? --- la théorie des servomécanismes permet une description rigoureuse de ces phénomènes téléologiques --- Plus généralement, comment Wiener conçoit-il le rapport de la cybernétique à la physique ? Les deux points cruciaux de cette question sont l’analogie entre quantité d’information et « entropie négative », et la discussion du problème du « démon de Maxwell ». --- Dans la mesure où l’on accorde la primauté à la conception de Wiener dans la définition de la cybernétique, la carence d’unité absolue des aspects qu’il tente d’y lier oblige à reconnaître qu’il n’est pas possible d’en donner une définition parfaitement exacte et canonique, et qui en assure simultanément la spécificité dans l’histoire des sciences --- Wiener, Bigelow et Rosenblueth publient leur article « Behaviour, Purpose and Teleology » dans la revue Philosophy of Science . Cet article plaide en faveur de la légitimité de catégories « téléologiques » pour décrire certains comportements observables chez les êtres vivants --- Ce type de démarche peut n’avoir qu’une valeur méthodologique, par opposition à une valeur ontologique selon laquelle on suppose que le système cherche vraiment à atteindre un but donné : on fait comme si c’était le cas. Cette valeur méthodologique peut en outre n’être que provisoire dans le cas où le fonctionnement peut être décrit en termes de constituants et de relations élémentaires --- La conception d’un prototype d’aide à la conduite de tir antiaérien a suggéré à Wiener l’intuition d’analogies fondamentales entre servomécanismes et processus de coordination physiologique --- D’autre part, la référence à la physique s’avère ailleurs méthodologique, et non ontologique --- la cybernétique est de nature méthodologique, d’une part --- Le démon de Maxwell, en tant qu’entité théorique permettant une conversion effective de l’information en entropie négative, servirait donc à Wiener à rattacher « ontologiquement » la cybernétique à la physique --- Le deuxième est une reformulation du problème de l’existence d’une exception au second principe de la thermodynamique, donc de l’existence du vivant du point de vue des lois de la physique. --- Wiener à écrire que « Tout comme la quantité d’information dans un système est la mesure de son degré d’organisation, l’entropie d’un système est la mesure de son degré de désorganisation ; l’un est simplement le négatif de l’autre 29. » Ce point de vue se base sur la réinterprétation de la thermodynamique dans le cadre de la mécanique statistique (« ordre » et « désordre » 30). --- L’unité de la cybernétique est méthodologique