Peut-on résister à l'ère du temps accéléré ? === > [!tldr] Tags > #type/journalArticle > [!info] Meta Data >**FirstAuthor**:: [[Deléage, Estelle]] **Author**:: [[Sabin, Guillaume]] > **Title**:: Peut-on résister à l'ère du temps accéléré ? > **Year**:: 2014 > **Citekey**:: [[2014_deleage.sabina]] > **itemType**:: journalArticle > **Journal**:: *Ecologie politique* > **Volume**:: 48 > **Issue**:: 1 > **Publisher**:: Presses de Sciences Po > **Pages**:: 13-21 > **ISSN**:: 1166-3030 > > [!Cite] > Deléage Estelle et Sabin Guillaume, « Peut-on résister à l’ère du temps accéléré ? », _Ecologie politique_, 20 mars 2014, vol. 48, no 1, p. 13‑21. > > %%[@2014_deleage.sabina]%% > **URL**:: https://www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique1-2014-1-page-13.htm . > > **Related**:: . > > **Attachment**::[Full Text PDF](zotero://open-pdf/library/items/JVZ2CTIW). --- > [!important] Synthesis > **Contribution**:: > > [!Abstract] >> --- # Note. --- # Annotations%% begin annotations %% ### Imported: 2026-09-24 11:50 am <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > C’est la pétrification du temps, cette immobilité fulgurante reprise à Paul Virilio : tout change en surface et rien en profondeur. <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > du temps humain (calendriers, mesures du temps, rapports à l’histoire, etc.) qui possède inévitablement une dimension sociale8 : on ne se soustrait pas individuellement du cadre temporel de la société à laquelle on appartient. <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > l’accélération du rythme du temps comme un « moment essentiel d’autodétermination9 » : il s’agit bien de « choix » sociaux, intentionnels ou non, délibérés ou non, mais qui expliquent que cette tendance à l’accélération puisse persister, éventuellement se renforcer, attestant d’une forme de compatibilité entre des schèmes d’organisation (productivistes et capitalistes notamment) et un ethos qui les rend possibles <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > Hartmut Rosa ne tire pas cependant toutes les conséquences de cette dimension sociale du temps. <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > D’une part, si le temps relève du social, pourquoi semble-t-il si unilatéralement orienté vers une accélération de tous les domaines de la vie et vers un présentisme presque absolu ? Le temps échapperait-il à ce qui constitue le social en champ de luttes, de contre-tendances, de frictions... ? <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > D’autre part, l’analyse de Rosa – qui partage en cela la plupart des analyses en sciences sociales – n’interroge pas la signification que donnent les femmes et les hommes à cette accélération, les propriétés éthiques, politiques, existentielles qui lui sont conférées <mark style="background-color: #ff6666">Quote</mark> > L’accélération du rythme de vie permet de mettre en évidence la profondeur avec laquelle l’accélération du temps s’est infiltrée dans des dimensions sociales distantes de la sphère productive. <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > Alors que l’intrusion de l’accélération dans les pratiques sociales est souvent analysée comme une forme de « déroutinisation », elle semble au contraire, comme le montre Isabelle Stengers à propos des pratiques « scientifiques », relever d’une sur-routinisation caractérisée notamment par le refus des questions qui interrogent l’horizon (éthique, politique, social) de ces activités. <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > l’usage du temps, parmi lequel la mémoire, est non seulement une condition de la pratique politique, il est aussi un lien qui permet de résister dans un paysage social fragmenté et qui évite de dissoudre toute singularité. <mark style="background-color: #ff6666">Quote</mark> > le temps possède une dimension politique <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > Marc Bloch rappelait la méfiance dont il faut faire preuve concernant les liens qui unissent passé et présent : « Non sans quelque raison, peut-être, l’homme de l’âge de l’électricité et de l’avion se sent très loin de ses ancêtres. Volontiers il en conclut, plus imprudemment, qu’il a cessé d’être déterminé par <mark style="background-color: #ffd400">Quote</mark> > eux19. » <mark style="background-color: #5fb236">Quote</mark> > Rappelons, pour finir, que la fiction d’Orwell est écrite au passé et que Winston Smith rédige son journal « pour des gens qui n’étaient pas encore nés », manière de sortir du présentisme absolu et totalitaire de l’Angsoc, que le lexique de la novlangue qui clôt 1984 est écrit à l’imparfait... Autant de signes discrets qui indiquent que ce régime qui a fait de l’amnésie collective la possibilité de sa condition et de son maintien a sans doute disparu22, manière littéraire de mettre en question le caractère hégémonique de l’accélération ainsi que les prophéties récurrentes sur la fin de l’histoire. %% end annotations %% %% Import Date: 2026-09-24T11:50:08.589+02:00 %%