Écrire une histoire populaire de la France
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> #discipline/histoire #cat/féminisme #cat/colonialité #cat/subaltern-studies #cat/subalterne #cat/genre #cat/classe #discipline/histoire-populaire #cat/domination #cat/litterature #type/journalArticle
> [!info] Meta Data
>**FirstAuthor**:: [[Zancarini-Fournel, Michelle]]
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> **Title**:: Écrire une histoire populaire de la France
> **Year**:: 2020
> **Citekey**:: [[2020_zancarini-fournel]]
> **itemType**:: journalArticle
> **Journal**:: *Revue d’histoire moderne & contemporaine*
> **Volume**:: n° 67-2
> **Issue**:: 2
> **Pages**:: 47-62
> **DOI**:: 10.3917/rhmc.672.0047
> **ISSN**:: 0048-8003
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> [!Cite]
> Zancarini-Fournel Michelle, « Écrire une histoire populaire de la France », _Revue d’histoire moderne & contemporaine_, 5 juin 2020, n° 67-2, no 2, p. 47‑62.
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> **URL**:: https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2020-2-page-47.htm?ref=doi .
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> **Related**:: .
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> **Attachment**::[Zancarini-Fournel - 2020 - Écrire une histoire populaire de la France.pdf](zotero://open-pdf/library/items/GX4LEGPB).
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> [!important] Synthesis
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> [!Abstract]
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> L’article retrace la généalogie de l’écriture de l’ouvrage Les Luttes et les Rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours , paru en 2016. Cette histoire populaire s’attache aux expériences individuelles ou collectives des subalternes (le quotidien, les pratiques, les conflictualités, les espoirs, les cultures des hommes et des femmes dans l’ensemble du territoire y compris ses périphéries et ses colonies). Même dominés, les individus sont dans des contextes spécifiques mus par la conviction de ce qui est juste et injuste. Écrire une histoire « vue d’en bas », une histoire « à rebrousse-poil » (Benjamin) qui prenne au sérieux les pensées et les actions des protagonistes, croisées avec les politiques des dominants permet, malgré les échecs, de rappeler les potentialités inaccomplies du passé, les espoirs non advenus incarnés dans des luttes et des rêves.
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# Note.
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### Imported: 2024-05-05 12:15 pm
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> Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours d’Howard Zinn
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> Les choix assumés pour écrire Les Luttes et les Rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours publié en 20162 ont été nourris par mon expérience d’écriture en histoire sociale et en histoire des femmes et du genre et par des orientations épistémologiques façonnées au cours de plusieurs décennies de recherche
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> la définition de la collection Zones comme lieu de « résistance éditoriale » dans toutes ses dimensions (points de vue situés, conception éditoriale et graphique, mode de diffusion à la fois sur papier en librairie et gratuite en ligne)
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> Cet esprit de résistance correspondait à mes yeux à la conjoncture politique et historiographique (l’effacement de l’histoire sociale et des « gens de peu »
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> Il s’agit ici d’expliciter l’utilisation de différents écrits comme outils pour la réflexion et points de vue à partir desquels on examine le passé : ce qu’on appelle dans la théorie féministe « un point de vue situé » qui est à la fois un point de vue personnel et celui de l’étude, l’universel servant souvent à imposer le point
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> de vue des dominants10. Cette posture s’appuie sur une formation continue d’historienne du social, des femmes et du genre11 et du temps présent12.
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> La volonté de ne pas écrire une histoire en surplomb signifiait la nécessité de décentrer le regard et le point de vue, et de pratiquer une « histoire vue d’en bas ».
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> la première occurrence de l’expression « histoire vue d’en bas et non d’en haut » apparaît, sous la plume de Georges Lefebvre, à propos de l’œuvre d’Albert Mathiez, dans la revue des Annales historiques de la Révolution française en 1932. La locution « histoire d’en bas », traduction de history from below, a été utilisée et diffusée par un groupe d’historiens britanniques travaillant sur l’histoire sociale et culturelle et a surtout été illustrée par Edward Palmer Thompson, l’un des plus grands historiens du xxe siècle13
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> Simona Cerutti a montré dans un article des Annales que cette manière thompsonienne d’écrire l’histoire se conçoit à ses yeux comme un « travail de sauvetage de ce qui aurait pu se passer ; un travail de rachat d’autres systèmes de significations qui, ayant perdu leur bataille pour la légitimité, ont été “oubliés” [...], un travail sur la mémoire et sur le pouvoir, sur tout ce que nous avons oublié ou qu’on nous a fait oublier18 ». Ces potentialités inaccomplies du passé, des espoirs non advenus incarnés dans des luttes et des rêves représentent cette histoire « à rebrousse poil » évoquée par Walter Benjamin dans ses Thèses sur l’histoire (thèse 7)19, celle des vaincus ayant contribué à ouvrir les possibles.
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> L’histoire du quotidien dans laquelle se déploient épisodiquement révoltes et rébellions ne peut être une histoire indifférente au cadre politique, économique et social et à ses contraintes.
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> Il ne s’agit pas cependant de s’épuiser à contrer une « histoire d’en haut » mais de proposer une autre histoire (faire le « pas de côté » proposé par Sanjay Subrahmanyam24) qui a existé dans les expériences individuelles ou collectives des subalternes (le quotidien, les pratiques, les espoirs, les cultures, les luttes et les rêves !), dont des pans entiers ne se sont pas réalisés et qui sont restés en partie délaissés.
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> Car il s’agit bien dans le rapport dominants/dominés d’un couple inséparable des dominants et des subalternes. Au-delà des seules dominations, il est nécessaire de s’intéresser à ce que les dominé.e.s font pour tenter parfois de n’être pas seulement des dominé.es, y compris dans le quotidien.
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> Pour le dire autrement c’est articuler l’ordinaire exploré par Michel de Certeau27 et l’extraordinaire, l’aléa de l’événement.
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> La question des sources devient alors fondamentale. J’ai défini ainsi les trois termes qui ont forgé ma conception de cette histoire populaire qui n’est pas toujours conflictuelle et s’attache aussi au quotidien : « histoire vue d’en bas », interaction dominant.es/ dominé.es, subalternes.
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> Faire une histoire « vue d’en bas » et non d’en haut, signifie écrire une histoire qui prenne au sérieux la pensée et les actions des protagonistes et pas seulement les décisions gouvernementales et les politiques étatiques, même si le souci de considérer l’ensemble du territoire y compris à ses périphéries oblige à s’intéresser à l’action des agents du pouvoir.
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%% Import Date: 2024-05-05T12:15:59.783+02:00 %%