Regards croisés avec Alain Gras et Charles-François Mathis : approches systémiques en histoire de l’énergie
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> [!tldr] Tags
> #Angleterre victorienne #entretiens et témoignages #épistémologie et technologie #macro-système technique #réseaux électriques #système charbonnier #système énergétique #cat/litterature #type/journalArticle
> [!info] Meta Data
>**FirstAuthor**:: [[Marrec, Anaël]]
**Author**:: [[Mathis, Charles-François]]
**Author**:: [[Gras, Alain]]
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> **Title**:: Regards croisés avec Alain Gras et Charles-François Mathis : approches systémiques en histoire de l’énergie
> **Year**:: 2022
> **Citekey**:: [[2022_marrec.mathis.ea]]
> **itemType**:: journalArticle
> **Journal**:: *Cahiers François Viète*
> **Issue**:: III-12
> **Pages**:: 95-116
> **DOI**:: 10.4000/cahierscfv.581
> **ISSN**:: 1297-9112
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> [!Cite]
> Marrec Anaël, Mathis Charles-François et Gras Alain, « Regards croisés avec Alain Gras et Charles-François Mathis : approches systémiques en histoire de l’énergie », _Cahiers François Viète_, 1 avril 2022, III‑12, p. 95‑116.
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> **URL**:: https://journals.openedition.org/cahierscfv/581 .
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> **Related**:: %%[@2022_marreca]%% ([[2022_marreca_Histoire de l’énergie et approches systémiques]]) , %%[@2022_marrec.gaillard.ea]%% ([[2022_marrec.gaillard.ea_Synergies et persistances dans l'histoire des techniques de l'énergie]]) .
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> **Attachment**::[Marrec et al. - 2022 - Regards croisés avec Alain Gras et Charles-Françoi.pdf](zotero://open-pdf/library/items/FJEELMYP).
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> [!Abstract]
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> Cette interview croisée fait intervenir Alain Gras et Charles-François Mathis, deux chercheurs qui utilisent des approches systémiques en histoire de l’énergie. Avec des terrains et des regards disciplinaires distincts, les deux auteurs montrent la fécondité de ces approches pour saisir des spécificités contemporaines dans la mobilisation de l’énergie : celle de la société mondialisée où s’est développé le macro-système électrique, celle de l’Angleterre victorienne, où l’omniprésence du charbon, formant un véritable système charbonnier, ne connut ni précédent ni réplique. Les deux systèmes tendent à délocaliser la production et la consommation d’énergie, mais alors que le macro-système électrique procède à une invisibilisation des réalités matérielles et sociales des infrastructures énergétiques, pour la « civilisation du charbon », la matérialité de ce combustible est palpable dans de nombreux aspects du quotidien.
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### Imported: 2024-05-05 12:18 am
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> Les deux systèmes tendent à délocaliser la production et la consommation d’énergie, mais alors que le macrosystème électrique procède à une invisibilisation des réalités matérielles et sociales des infrastructures énergétiques, pour la « civilisation du charbon », la matérialité de ce combustible est palpable dans de nombreux aspects du quotidien.
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> Peu de sociétés ont été à ce point dépendantes d’une énergie, et se sont à ce point organisées autour d’une source d’énergie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cela a changé, avec la Seconde Guerre mondiale et les années 1950. Bien sûr que dans certains pays du nord on utilisera le charbon de la même manière. Mais le poids symbolique, social, etc. du charbon dans ces années-là, est assez propre à l’Angleterre. On ne le retrouvera pas à ce point ailleurs et après.
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> Leslie White (1943). Pour lui, c’est l’énergie qui détermine l’évolution de la culture, et je trouve ce déterminisme effrayant. La notion de système chez lui n’est pas précise. Il parle du choix d’un type d’énergie, qui détermine un type de culture.
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> est un déterminisme sociotechnique tout à fait implacable.
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> Pour Debeir et ses collègues, la notion de convertisseur est centrale, alors qu’on peut en douter. On peut se demander si un convertisseur n’est pas une création de l’époque fossile. En fait ils chaussent des lunettes de l’anthropocène pour parler d’une histoire beaucoup plus ancienne. C’est ce qui me fait douter un peu de la notion de système.
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> Ce sont plus ou moins des ingénieurs, et ils ont une vision assez dogmatique de l’énergie qu’ils projettent dans le passé.
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> Il n’y avait pas d’exagération dans la récupération d’énergie, ce n’était pas un problème premier.
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> Le système énergétique tel que nous le connaissons aujourd’hui a une particularité, c’est qu’il est fondé sur les convertisseurs. Et c’est ce qui détermine la notion de système chez nous
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> Les interactions, les interconnexions entre les différentes technologies sont liées à la capacité à mobiliser l’énergie
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> Le système est un mode d’action sur le milieu, et d’exercice de notre pouvoir
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> Le Choix du feu (2007)
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> je veux montrer ma différence avec Pierre Musso, car j’insiste sur le fait qu’il n’y avait pas de déterminisme malgré la machine de Watt, je pense qu’on pouvait échapper à la civilisation fossile.
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> On a un système qui était basé au départ sur le charbon, dont le pétrole à mon avis est devenu ensuite l’élément principal
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> idée de macro-système technique. Effectivement, ce qui le caractérise, ce n’est pas la mise en réseau, mais la mise en réseau de réseaux
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> est un élément technique et symbolique qui a une importance considérable, car la technicité du phénomène renforce cette obsession de la maîtrise totale. On peut enfin utiliser notre puissance où l’on veut, immédiatement, ce n’était pas le cas auparavant. Et cela nous est monté à la tête. Je n’ose pas trop le dire, mais cela m’amuse ! Le seul courant naturel, c’est la foudre. Et la foudre, c’est l’apanage des dieux, en général du dieu suprême ! Le phénomène n’est pas terrestre. En fait, l’électricité sur terre, c’est du magnétisme, c’est l’aimant, l’oxyde de fer, qui est terrestre et permet sa production ici-bas. Mais il n’y a pas de courant électrique naturel, le monde de l’artifice est présent dès le départ. En quelque sorte, le numérique continue cette artificialisation du monde.
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> Elle est plus propre au XXe qu’au XIXe siècle, parce que le charbon, comme vous le disiez, reste alors très visible
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> c’est là où ce que vous me dites est très important, autour de l’hydraulique, les groupes sociaux ne faisaient pas système entre eux.
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> Jean-Baptiste Fressoz (2013) critique la notion de système, parce qu’il nie l’existence des transitions. Mais ce n’est pas parce qu’on considère que ces systèmes existent qu’on bascule brutalement de l’un à l’autre, et qu’il n’y a pas d’accumulation d’énergie. C’est plutôt constater qu’un type d’énergie, ou une source d’énergie, l’emporte sur les autres dans les imaginaires, dans les organisations, dans l’exploitation
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%% Import Date: 2024-05-05T00:19:00.235+02:00 %%