# Introduction: ce que la futurologie énergétique fait au monde.
> « le nombre de futurologues croît à la même vitesse que l'humanité tout entière »
— Stanislas Lem, *Le Congrès de futurologie* (1971) [^1]
Si les exercices de futurologie %%#notion/futurologie%% ne sont ni récents ni contemporains des développements techniques de ces 70 dernières années[^2], force est de constater que le régime de production de futurs post-Seconde Guerre mondiale est inédit, tant dans sa forme que dans ses potentiels de transformation du monde[^3]. Par ailleurs, l'application de *futurologies* %%#notion/futurologie%% au domaine de l'énergie est quant à elle relativement récente[^4] et s'est aussi vue bouleversée après la Seconde Guerre mondiale %%#event/Seconde-Guerre-Mondiale%%, et encore plus au tournant des chocs pétroliers %%#event/chocs-pétroliers%% des années 70[^5]. Comme le souligne Sam Allier dans « Fabriquer les futurs énergétiques »: « La fabrique des futurs de l'énergie […] ne commence réellement qu'à partir de 1973 – premier choc pétrolier %%#event/chocs-pétroliers%% – pour connaître un pic de publications en 1981 »[^6]. Pour autant, cette fabrique est tramée tant par les fondements, quasi cosmologiques, de la futurologie %%#notion/futurologie%% et de l'énergie %%#notion/énergie%%, que par ce qui se construit comme relation au monde par le néolibéralisme %%#notion/néolibéralisme%% des années 80, et ce par-delà des chocs pétroliers %%#event/chocs-pétroliers%% et crises %%#notion/crise%% constitutives d'un paradigme de l'incertitude systémique. Née, dans sa forme contemporaine, de la crise économique de 1929, réinventée après-guerre, consolidée en temps de guerre froide %%#notion/guerre-froide%%, ancrée par la chute du mur de Berlin et de l'URSS, elle atteint son paroxysme avec l'emprise globale des technologies de l'information, antichambre du projet cybernétique %%#notion/cybernétique%%[^7].
En première approximation, nous considérerons ici la *futurologie énergétique* %%#notion/futurologie-énergétique%% comme l'étude des futurs %%#notion/futur%% de l'énergie %%#notion/énergie%% ; ou, plus précisément, comme l'exercice de construction de représentations du futur des systèmes énergétiques %%#notion/système-énergétique%%[^8]. Nous préciserons plus loin ce que revêt la notion en en faisant une brève histoire. À ce titre, je prendrai le parti de la découper dans ce que porte, d'un côté, la notion de *futurologie* %%#notion/futurologie%% et, de l'autre, celle d'*énergie* %%#notion/énergie%%, pour enfin réunir ces deux segments et déterminer ce que cette réunion nous dit de la construction des devenirs énergétiques. Au-delà de la précision, il s'agira ici aussi et surtout de discuter de la *futurologie énergétique* %%#notion/futurologie-énergétique%%, de son évolution, de sa constitution en tant que technique de (mise au) travail des futurs, et, ainsi, de ce que la futurologie énergétique fait au monde.
Alors que des histoires de l'énergie coexistent[^9], il apparaît que peu d'histoires des manières dont se construisent les futurs énergétiques existent. Si des histoires des futurs existent et s'intéressent aux manières dont se sont représentés et construits les futurs %%#notion/futurs%%[^10], « la futurologie énergétique » %%#notion/futurologie-énergétique%% reste « un domaine encore peu exploré par les historiens »[^11]. « [S]i [les sciences humaines] ont produit un corpus d'œuvres relativement conséquent sur la diversité des expériences du temps, peu se sont vraiment penchés sur la futurologie en tant que telle, sur les approches du futur qui se présentent comme expertes, les personnes qui y consacrent leur carrière, voire leur vie entière, les techniques de prédiction et de spéculation, leurs manières d'ouvrir ou de refermer les possibles »[^12]. Pourtant, comme le souligne Grimaud et Wacquez à propos de la futurologie %%#notion/futurologie%%: « à partir de la seconde moitié du XXe siècle, des cours de *future studies* sont enseignés dans les lycées et les universités, des programmes et des départements entiers sont apparus ; le nombre de revues académiques spécialisées et de collections éditoriales qui leur sont dédiées a explosé ; les associations de chercheurs, mais aussi différents types d'organisations publiques et privées, think-tanks, entreprises et cabinets de conseils, se sont multipliés [montrant] l'existence d'un véritable champ, d'un domaine d'expertise, à la fois académique, scientifique, économique et politique [que constitue la futurologie] »[^13]. Dans le secteur de l'énergie, la mise au travail[^14] des futurs suit cette tendance prospectiviste %%#notion/prospective%% à des fins de développement stratégique principalement avec, notamment, les travaux pionniers de la Royal Dutch Shell %%#org/Royal-Dutch-Shell%%[^15]. Les instituts et agences nationales et internationales se préoccupent aussi des futurs de l'énergie. Au premier plan des productions on retrouve celles de l'Institut International pour l'Analyse des Systèmes Appliqués (IIASA) %%#org/International-Institute-for-Applied-System-Analysis%%[^16], ayant accueilli notamment Michel Grenon %%#nom/Michel-Grenon%% - figure de la prospective énergétique en France[^17] - et Cesare Marchetti %%#nom/Cesare-Marchetti%% - qui a largement participé d'un renversement de représentation de l'énergie dans les années 70-80 [^18]. Participent aussi de ce type de production: l'Agence Internationale de l'Énergie %%#org/Agence-Internationale-de-l-Énergie%%, l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique %%#org/Agence-Internationale-de-l-Énergie-Atomique%%, la RAND Corporation %%#org/RAND-Corporation%%, le « Department de l'Énergie (DOE) » %%#org/Department-Of-Energy%% des États-Unis ou encore du Commissariat Général du Plan %%#org/Commissariat-Général-du-Plan%% en France. À un autre niveau encore, le travail des futurs %%#notion/futur%% s'installe à des échelons décisionnels de grands groupes - énergétiques notamment - avec l'intégration de fonctions prospectives[^19] au sein d'Électricité de France (EDF) %%#org/Électricité-de-France%%[^20] ainsi qu'à Elf-Aquitaine %%#org/Elf-Aquitaine%%, l'Oréal %%#org/L-Oréal%%, France Telecom %%#org/France-Telecom%% ou encore la SNCF %%#org/Société-Nationale-de-Chemins-de-Fer%%[^21]. Enfin, se déploie aussi, dans le courant des années 70 et dans le sillon de l'émergence de la rhétorique de la « transition énergétique » %%#notion/transition-énergétique%%, un ensemble de « patchwork de futurologies disparates » et alternatives[^22] portées soit par la société civile (principalement le mouvement environnementaliste[^23] %%#org/Friends-of-the-earth%%), soit par des instituts (principalement en opposition aux futurs nucléarisés[^24]), ou encore par des instances gouvernementales[^25].
Ainsi, depuis plus de 50 ans, malgré la production soutenue d'études prospectives (tendancielles ou alternatives), principales constitutives de ce que revêt la futurologie énergétique %%#notion/futurologie-énergétique%% contemporaine concernant les devenirs des systèmes et des usages des ressources énergétiques, peu de recherches se penchent sur ce qui constitue la matrice socio-technique et cosmologique de leur construction[^26]. Sans adhérer à l'hypothèse d'une opposition entre prospective %%#notion/prospective%% et futurologie %%#notion/futurologie%% - par le truchement des modèles %%#notion/modélisation%% comme le souligne Jean-Charles Hourcade[^27] - il est vrai qu'à partir des années 50, et plus encore au tournant des chocs pétroliers %%#event/chocs-pétroliers%%, la prospective est la méthode de la futurologie par excellence ; la scénarisation %%#notion/scénarisation%% en étant l'outillage canonique. Le processus de mise en scénarios de l'évolution des systèmes énergétiques %%#notion/système-énergétique%% repose généralement sur le triptyque représentation-modélisation-récit %%#notion/représentation%% %%#notion/modélisation%% %%#notion/récit%%. En effet, la construction contemporaine des futurs institués dans l'énergie relève aussi bien de la modélisation[^28] : ce que les modèles font aux projections de futurs énergétiques; que de la représentation: ce que la mise en forme montre de ce qui est projeté[^29]; et de la mise en récit[^30] dans ce qu'ils projettent comme vision du monde. Or la manière dont est représentée l'énergie %%#notion/énergie%%, dont sont élaborées les méthodes utilisées pour projeter des systèmes énergétiques et dont sont construits les discours %%#notion/discours%% et récits de l'énergie favorisent ou empêchent des futurs d'advenir: « les questions du futur n'apparaissent pas seulement comme des formules verbales et adverbiales, mais aussi comme l'expression de visions du monde portées par des groupes d'acteurs déterminés à produire, ou à conter, un futur en train de se réaliser. […] il s'agit de faire advenir un futur plutôt qu'un autre. »[^31]
Si l'énergie %%#notion/énergie%% « crée des mondes »[^32], au sens où elle trame en grande partie le fonctionnement de nos sociétés et les agencements supportant nos subsistances, les futurologies énergétiques les font exister dans les imaginaires et leurs déclinaisons en plan et en politiques publiques transforment le terrain. Inversement, le terrain fait exister des futurs par ses pratiques et imaginaires énergétiques qui influencent la mise en œuvre des politiques publiques, créent des bifurcations dans les plans et, en retour, créent des mondes. Pour autant, comment se fait-il que certains futurs énergétiques aient plus d'emprises sur les orientations à venir que d'autres ? Comment font-ils mondes et pourquoi, finalement, seules quelques propositions, somme toute homogènes, dominent ? Que permettent des futurs minorisés et invisibilisés s'ils n'ont peu, voire pas, voix au chapitre des grandes transformations de nos infrastructures et organisations, de notre régime énergétique ?[^33] Aussi, si comme l'avance Jenny Andersson d'un côté: les futurs proposés pour orienter l'action vers une transformation globale ont une fonction de reproduction de modes – de vie, d'agir, de faire, de subsistance, d'existence, etc – capitalistes globaux[^34], et si comme le souligne Cara N. Daggett de l'autre: l'énergie est un artefact, une construction de la science moderne (thermodynamique) et de l'ingénierie aux fins d'un projet industriel victorien[^35], alors que reste-t-il aux trames alternatives de futurs énergétiques ? Il semblerait que la futurologie énergétique se dote d'une puissance incantatoire dont la finalité est de faire advenir des mondes - et d'empêcher l'advenue d'autres mondes. Comment émerge et se structure cette puissance incantatoire et quel rôle joue le contexte socio-technique et politique historique dans cette construction (post-Seconde Guerre mondiale et post-chocs pétroliers) ?
Il se construit par ces questionnements l'ébauche d'un travail d'une histoire de la futurologie énergétique[^36] qui s'inscrit dans la filiation des travaux de Cara N. Daggett[^37] et de sa manière de faire histoire de l'énergie. Celle-ci repose sur trois composantes qui me paraissent centrales: (1) définir l'épistémologie qui sous-tend le travail des futurs dans l'énergie; (2) expliciter le cadre de transformation contemporain de la futurologie énergétique ; et (3) partir de situations de fabrication de futurs, pour déplier les enjeux philosophiques et politiques de la futurologie énergétique. À l'histoire de la prospective énergétique des années 1970 proposée par Sam Allier[^38], ce travail cherche à la compléter et à l'affiner. Il s'agit ici de retracer la généalogie de la « fabrique des futurs énergétiques » en en creusant les sous-jacents socio-techniques et cosmologiques et en exposant ce qui fait événements. À l'hypothèse centrale qu'est celle de la futurologie énergétique comme mode de production d'imaginaire structurant nos futurs, ce travail s'appuie sur trois autres hypothèses.
La première réside dans ce qu'est la futurologie énergétique d'un point de vue ontologique: une *cosmotechnique discursive des futurs*[^39] en ce sens qu'elle prend la forme d'une famille de dispositifs techniques de production de récits et discours sur le futur qui ordonne le monde, autant qu'elle est ordonnée par lui. La seconde hypothèse est, qu'à l'image des technologies de l'information[^40], la futurologie énergétique contemporaine est soumise à une *réduction cosmotechnique* qui empêche une pluralité de futurs de s'exprimer (*technodiversité*[^41]). Cette hypothèse s'appuie sur l'existence de ce que l'on pourrait appeler des *futurs mineurs* ou *subalternes* dont les modalités de construction participent d'un processus de décolonisation des futurs[^42]. Enfin, renvoyant à l'hypothèse centrale de ce travail, la troisième et dernière s'appuie sur ce qu'Isabelle Stengers et Philippe Pignarre ont appelé la sorcellerie capitaliste - à savoir le capitalisme comme processus sorcier[^43]. Elle postule *la futurologie énergétique comme puissance incantatoire*, à la fois participante de la sorcellerie capitaliste et portant le germe de potentiels émancipateurs et fédérateurs. Ces hypothèses sont autant d'entrées pour tenter d'aborder la problématique de ce mémoire: en quoi certains futurs sont plus à même d'advenir que d'autres ? Dans cette perspective, d'un côté, Cara N. Daggett par l'énergie et Jenny Andersson par la futurologie, et, d'un autre, Yuk Hui par la cosmotechnique et Francis Chateauraynaud par la pragmatique des transformations nous obligent à penser cette problématique et ces hypothèses au prisme (1) de l'héritage des rapports - de domination - de genre, de race et de classe dans les constructions de rapports au monde (et leurs projections)[^44], et (2) des modalités - dominantes - de constitutions d'histoires *par-en-haut* en regard de l'existence d'un *par-en-bas* (ou d'un *autre*) souvent minorisé.
Aussi, dans un premier temps, je m'efforcerai de replacer dans son environnement concret ce que signifie faire de la futurologie énergétique. J'expliciterai les modalités de construction des futurs énergétiques tels qu'ils sont utilisés pour aider et orienter les décisions politiques, économiques et techniques. Pour cela, je tenterai d'analyser (1) ce qui est entendu par *futurologie* en tant qu'*outillage* pour penser les futurs et (2) ce que revêt la notion d'*énergie* en tant que *système technique* et culturel productif. Nous verrons notamment que ces modalités de construction évoluent entre les années 50 et aujourd'hui, et que la période post-choc pétrolier opère une bascule dans les manières de traiter les futurs dans l'énergie. Pour ce faire, je m'appuierai non seulement sur la littérature existante, mais également sur mon expérience professionnelle de construction de scénarios énergétiques au sein d'une agence d'État en France entre 2011 et 2013.
Dans une seconde partie, je m'attellerai à déplier les enjeux philosophiques et politiques de la futurologie énergétique. Je m'appliquerai, dans un premier temps, à préciser ce qui constitue le cadre épistémique de la futurologie énergétique. Il s'agira de spécifier (1) en quoi l'énergie constitue un *cosmosystème de la mise au travail du monde* suivant Cara N. Daggett, et (2) en quoi la futurologie énergétique constitue une forme de *cosmotechnique discursive des futurs*, suivant Yuk Hui. Dans un second temps, je tenterai de montrer en quoi les années 60 à 2000 notamment construisent un héritage (technique, économique et financier, social et politique) qui opère une réduction-homogénéisation cosmotechnique des futurs, nourrie de « crise du temps »[^45]. Ce processus, tout en fermant les futurs, semble se doter dans un même mouvement d'une puissance incantatoire digne de la sorcellerie capitaliste de Stengers et Pignarre.
Enfin, dans une troisième et dernière partie, je m'essaierai à faire vivre ce qui se trame de subalternes dans la production des futurs énergétiques. Dit autrement, il s'agira de se préoccuper d'autres appréhensions de devenirs énergétiques. Cet horizon des *futurs mineurs* ou *subalternes* forme le terreau d'une histoire de la futurologie énergétique *par-en-bas* ou, pour reprendre Francis Chateauraynaud, une *pragmatique des futurs énergétiques*[^46], en contre-pied d'exercices d'histoires *par-en-haut*[^47]. Aussi, je m'appuierai ici sur deux terrains d'enquête et d'expérimentation que sont: (1) un programme de recherche-action citoyen mené dans le cadre d'un laboratoire - tiers-lieux - citoyen villeurbannais (2015-2019) et (2) son « extension » située qu'a été le projet de transition énergétique de la commune de Prats-de-Mollo-la-Preste (2017-2020).
J'ouvrirai, en conclusion de ce travail de mémoire, sur ce qui pourrait être constitutif d'une futurologie énergétique prise dans-par son milieu, nourrie des précédents[^48] et sur les perspectives de recherche induites.
En résumé, je me donne ici pour horizon de (1) clarifier ce qui constitue effectivement l'acte de futurologie dans l'énergie ; (2) soutenir la thèse d'une futurologie énergétique comme cosmotechnique discursive des futurs énergétiques ; (3) montrer en quoi la futurologie énergétique, comme emprise techno-capitaliste sur les futurs, par un mouvement de déprise-reprise[^49] par-en-bas, est un outillage puissant pour faire exister et advenir des futurs indéterminés et pourtant déterminants. Il y a là un véritable pouvoir incantatoire de la futurologie qui peut participer aussi bien d'une homogénéisation accrue que d'une pluralisation et potentialisation de futurs émancipateurs[^50].
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[^1]: [[2021_lem_Le congrès de futurologie | Lem Stanisław, Le congrès de futurologie, Arles, Actes Sud, 2021.]]; cité dans [[2023_grimaud.wacquez_Le vertige futurologique | Grimaud Emmanuel, Wacquez Julien, Le vertige futurologique, Terrain. Anthropologie & sciences humaines, n° 79, 2023, p. 2–25.]].
[^2]: De la « préhistoire de la conjecture » (arts divinatoires) à la prospective contemporaine - visant à « éclairer la lanterne de ceux qui ont à prendre des décisions » - en passant par les « micro-conjectures » et par « les figures de l'avenir [qui se construisent] en combinant […] civilisation moderne et progrès » (ou ce que Cazes appelle « avenir tendanciel », « avenir modérément discontinu » et « avenir radicalement discontinu ») , les futurs s'inscrivent dans une histoire longue et touffue. Voir [[2008_cazes_Histoire des futurs | Cazes Bernard, Histoire des futurs: les figures de l'avenir, de saint Augustin au XXIe siècle, Paris, l'Harmattan, 2008, p. 20-23.]].
[^3]: [[2017_chateauraynaud.debaz_Aux bords de l'irréversible | Chateauraynaud Francis, Debaz Josquin, Aux bords de l'irréversible: sociologie pragmatique des transformations, Paris, Éditions Pétra, 2017.]]
[^4]: [[1865_jevons_The Coal Question | Jevons Williams Stanley, The Coal Question. An inquiry concerning the progress of the nation, and the probable exhaustion of our coal mines., London, Macmillan And Co, 1865, 411 p.]]
[^5]: Parmi les plus notables d'entre elles voir, pour une production d'entreprise, les exercices de scénarisation chez Shell avec notamment [[1993_schoemaker.vanderheijden_Strategic planning at Shell | Schoemaker Paul J. H., Van Der Heijden Cornelius A. J. M., Strategic planning at Royal Dutch/Shell, Strategic Change, vol. 2, n° 3, 1993, p. 157–171.]]; [[2014_wilkinson.kupers_The Essence of Scenarios | Wilkinson Angela, Kupers Roland, Essence of Scenarios - The Essence of the Shell Art, in Essence of Scenarios: Learning from the Shell Experience, Amsterdam University Press, 2014, p. 75–112.]]; et [[2020_andersson_Ghost in a Shell | Andersson Jenny, « Ghost in a Shell: The Scenario Tool and the World Making of Royal Dutch Shell », _Business History Review_, 2020, vol. 94, no 4, p. 729‑751.]] . Pour des production académique voir l'Institut International pour l'Analyse des Systèmes Appliqués (IIASA) %%#org/International-Institute-for-Applied-System-Analysis%% avec notamment [[1981_hafele.anderer.ea_Energy in a Finite World 1 | Häfele W., Anderer J., McDonald A., et al., Energy in a Finite World: Paths to a Sustainable Future (Volume 1), Cambridge, MA, Ballinger, 1981, 249 p.]] et [[1981_hafele.anderer.eaa_Energy in a Finite World 2 | Häfele W., Anderer J., McDonald A., et al., Energy in a Finite World: A Global Systems Analysis (Volume 2), Cambridge, MA, Ballinger, 1981, 837 p.]]
[^6]: [[2023_allier_Fabriquer les futurs de l'énergie | Allier Sam, Fabriquer les futurs de l'énergie - Histoire de la prospective énergétique dans les années 1970, Mémoire de Master 2, EHESS, 2023.]]
[^7]: [[2008_horl_La destinée cybernétique de l’occident| Hörl Erich, La destinée cybernétique de l’occident. McCulloch, Heidegger et la fin de la philosophie, Appareil, n° 1, 2008.]]
[^8]: Par analogie à ce qui est entendu par *régime politique* et *système politique*, j'emprunte la distinction entre système et régime pour l'énergie ainsi: le système énergétique %%#notion/système-énergétique%% est l'ensemble organisé des structures (institutions et infrastructures) techniques, politiques et juridiques de l'énergie traversé de rapports politiques; le régime énergétique %%#notion/régime-énergétique%% se caractérise lui par les rapports dans le gouvernement de l'énergie (de pouvoir, de gouvernance, de légitimation, culturels, sociaux, politiques…). Aussi, le *régime énergétique* %%#notion/régime-énergétique%% fait-il partie du *système énergétique* %%#notion/système-énergétique%%. Pour discuter de la notion de *régime* et de *système* dans l'énergie voir notamment Pour discuter de la notion de système énergétique voir notamment [[2022_marreca_Histoire de l’énergie et approches systémiques | Marrec Anaël, Histoire de l’énergie et approches systémiques - Les synergies et les imaginaires énergétiques en question, Cahiers François Viète, n° III-12, 2022, p. 5–26.]], [[2022_marrec.mathis.ea_Regards croisés avec Alain Gras et Charles-François Mathis | Marrec Anaël, Mathis Charles-François, Gras Alain, Regards croisés avec Alain Gras et Charles-François Mathis : approches systémiques en histoire de l’énergie, Cahiers François Viète, n° III-12, 2022, p. 95–116.]], [[2019_mathis.massard-guilbaud_Sous le soleil | Mathis Charles-François, Massard-Guilbaud Geneviève, Sous le soleil: systèmes et transitions énergétiques du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2019.]] ainsi que [[1986_debeir.deleage.ea_Les servitudes de la puissance | Debeir Jean-Claude, Deléage Jean-Paul, Hémery Daniel, Les servitudes de la puissance: une histoire de l'énergie, Paris, Flammarion, 1986, 428 p.]] cité dans [[2023_welluma_Energizing neoliberalism | Wellum Caleb, Energizing neoliberalism: the 1970s energy crisis and the making of modern America, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2023, 251 p.]]. Sur les *régimes énergétiques* voir notamment [[2001_mcneill_Something new under the sun | McNeill John Robert, Something new under the sun: an environmental history of the twentieth-century world, New York, W. W. Norton, 2001.]] ou encore [[2018_mangeon_Conception et évolution du régime français de régulation de la sûreté nucléaire (1945-2017) | Mangeon Michaël, Conception et évolution du régime français de régulation de la sûreté nucléaire (1945-2017) à la lumière de ses instruments: une approche par le travail de régulation, These de doctorat, Gestion et Management, Université de recherche Paris Sciences et Lettres, 2018, p. 46-48 notamment.]] Yuk Hui cite par ailleurs Bertrand Gille dans sa définition de « système technique »: « Bertrand Gille (1920-1980) proposed to analyse the history of technology according to what he calls ‘technical systems'. In Histoire des techniques (Paris: Gallimard, 1978), 19, Gille defines a ‘technical system' as follows: 'All technics are to diverse degrees dependent on one another, and there needs to be a certain coherence between them: this ensemble of the different levels of coherence of all the structures,of all the ensembles and of all the procedures, composes what one can call a technical system.' » ([[2021_hui_La Question de la technique en Chine | Hui Yuk, La Question de la technique en Chine, PARIS 12, Editions Divergences, 2021, 332 p, p. 17.]]).
[^9]: [[2017_mitchell_Carbon democracy | Mitchell Timothy, Carbon democracy: le pouvoir politique à l'ère du pétrole, Paris, la Découverte, 2017.]]; [[2017_smil_Energy and civilization | Smil Vaclav, Energy and civilization: a history, Cambridge, Massachusetts, The MIT Press, 2017, 552 p.]]; [[2020_jarrige.vrignon_Face à la puissance | Jarrige François, Vrignon Alexis, Face à la puissance: une histoire des énergies alternatives à l'âge industriel, Paris, La Découverte, 2020, 397 p.]]; [[2019_mathis.massard-guilbaud_Sous le soleil | Mathis Charles-François, Massard-Guilbaud Geneviève, Sous le soleil: systèmes et transitions énergétiques du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2019.]]; [[2024_fressoz_Sans transition | Fressoz Jean-Baptiste, Sans transition - Une nouvelle histoire de l'énergie, Seuil, 2024, 416 p.]]; ou encore [[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p.]]. Cette dernière entrée n'est pas de même nature que celle d'une histoire de l'énergie comme peuvent la déployer les autres auteur·ices précédemment mentionné·es qui travaillent l'histoire par le prisme des ressources énergétiques et de leur usages, et des systèmes énergétiques - ce que cela fait aux configurations socio-politiques. Appeler ces histoires « histoire de l'énergie » est, par ailleurs, une réduction qui n'est pas sans importance dans la construction des représentations.
[^10]: [[2018_andersson_The future of the world | Andersson Jenny, The future of the world: futurology, futurists, and the struggle for the post-Cold War imagination, Oxford ; New York, Oxford University Press, 2018, 267 p.]]; [[2008_cazes_Histoire des futurs | Cazes Bernard, Histoire des futurs: les figures de l'avenir, de saint Augustin au XXIe siècle, Paris, l'Harmattan, 2008.]]; [[2007_dahan.vieilleblanchard.ea_Les modèles du futur | Dahan Amy, Vieille Blanchard Élodie, Matarasso Pierre, et al., Les modèles du futur - Changement climatique et scénarios économiques : enjeux scientifiques et politiques, Paris, La Découverte, 2007.]].
[^11]: [[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022, p.3.]]
[^12]: [[2023_grimaud.wacquez_Le vertige futurologique | Grimaud Emmanuel, Wacquez Julien, Le vertige futurologique, Terrain. Anthropologie & sciences humaines, n° 79, 2023, p. 2–25, p. 5.]]
[^13]: [[2023_grimaud.wacquez_Le vertige futurologique | Grimaud Emmanuel, Wacquez Julien, Le vertige futurologique, Terrain. Anthropologie & sciences humaines, n° 79, 2023, p. 2–25, p. 6.]]. Voir par exemple aussi [[1967_rescher_The futur as an object of research | Rescher Nicholas, The future as an object of research, RAND CORP, SANTA MONICA CA, 1967.]]
[^14]: À propos de ce que revête l'usage de l'expression « mettre au travail » et ses accointances avec ce qui fonde l'épistémè énergétique contemporaine voir *Work becomes energetic* in [[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p, p. 83-103.]]
[^15]: [[1993_schoemaker.vanderheijden_Strategic planning at Shell | Schoemaker Paul J. H., Van Der Heijden Cornelius A. J. M., Strategic planning at Royal Dutch/Shell, Strategic Change, vol. 2, n° 3, 1993, p. 157–171.]]; [[2019_andersson_The Future of the World | Andersson Jenny, The Future of the World : Futurology, Futurists and the Struggle for the Post Cold War Imagination, 2019.]]; [[2014_wilkinson.kupersb_Shell Scenarios – A History | Wilkinson Angela, Kupers Roland, Essence of Scenarios - Shell Scenarios : A History, 1965-2013, in Essence of Scenarios: Learning from the Shell Experience, Amsterdam University Press, 2014, p. 25–74.]]
[^16]: [[1981_hafele.anderer.ea_Energy in a Finite World 1 | Häfele W., Anderer J., McDonald A., et al., Energy in a Finite World: Paths to a Sustainable Future (Volume 1), Cambridge, MA, Ballinger, 1981, 249 p.]] ; [[1981_hafele.anderer.eaa_Energy in a Finite World 2 | Häfele W., Anderer J., McDonald A., et al., Energy in a Finite World: A Global Systems Analysis (Volume 2), Cambridge, MA, Ballinger, 1981, 837 p.]]
[^17]: Dans [[2023_allier_Fabriquer les futurs de l'énergie | Allier Sam, Fabriquer les futurs de l'énergie - Histoire de la prospective énergétique dans les années 1970, Mémoire de Master 2, EHESS, 2023.]] Sam Allier s'intéresse particulièrement à cette figure de la prospective énergétique en France.
[^18]: [[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022, p. 20-26,.]] ainsi que les travaux de Marchetti %%#nom/Cesare-Marchetti%% (notamment ces trois publications coup sur coup de la fin des années 70 début des années 80: [[1977_marchetti_Primary energy substitution models | Marchetti C., Primary energy substitution models: On the interaction between energy and society, Technological Forecasting and Social Change, vol. 10, n° 4, 1977, p. 345–356.]] ; [[1978_marchetti_Energy systems | Marchetti C., Energy systems—The broader context, Technological Forecasting and Social Change, vol. 14, n° 3, 1978, p. 191–203.]] ; [[1980_marchetti_Society as a learning system | Marchetti Cesare, Society as a learning system: Discovery, invention, and innovation cycles revisited, Technological Forecasting and Social Change, vol. 18, n° 4, 1980, p. 267–282.]].
[^19]: Dans la filiation d'une pensée prospectiviste à la française initiée par Gaston Berger %%#nom/Gaston-Berger%% ([[2015_simonin_Généalogie de la prospective | Simonin Jean-François, Généalogie de la prospective : L’anthropologie prospective de Gaston Berger : une philosophie pour le XXIe siècle ?, phdthesis, Université Paris-Sorbonne - Paris IV, 2015.]])
[^20]: [[1996_lesourne.stoffaesa_À EDF, un courant prospectif | Lesourne Jacques, Stoffaës Christian, À EDF, un courant prospectif, in La prospective stratégique d'entreprise: concepts et études de cas, Paris, InterÉditions, 1996, p. 220–232.]]
[^21]: [[1996_lesourne.stoffaes_La prospective stratégique d'entreprise | Lesourne Jacques, Stoffaës Christian, La prospective stratégique d'entreprise: concepts et études de cas, Paris, InterEditions, 1996.]]
[^22]: [[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022, p. 17.]]
[^23]: [[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022, p. 18, évoquant notamment l'organisation *Friends of the earth*.]]
[^24]: [[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022.]] p. 18 évoquant le *World Watch Institute* ou encore le *Club de Rome* %%#org/World-Watch-Institute%% %%#org/Club-de-Rome%%.
[^25]: À ce propos, il est intéressant de se pencher sur le cas du gouvernement britannique qui, en réponse au rapport Meadows du Club de Rome ([[2017_meadows.meadows.ea_Les limites à la croissance | Meadows Donella H., Meadows Dennis L., Randers Jørgen, et al., Les limites à la croissance: dans un monde fini le rapport Meadows, 30 ans après, Paris, Rue de l'échiquier, 2017.]]), investit le sujet du futur pour faire exister un autre discours (voir [[2023_ward_Introducing The Prediction Machine | Ward Jacob, Introducing The Prediction Machine, The Prediction Machine, 2023, https://jacobward.substack.com/p/introducing-the-prediction-machine.]]); ou encore sur celui du Président Carter %%#nom/James-Earl-Carter%% qui créera ce qui aujourd'hui est appelé le *National Renewable Energy Research Laboratory* - NREL %%#org/National-Renewable-Energy-Research-Laboratory%% - dont les fondements ont été posés par le précédent président, Gerald Ford %%#nom/Gerald-Ford%%, suite à la crise pétrolière de 1973 %%#event/chocs-pétroliers%% au sein du du *Solar Energy Research, Development and Demonstration Act* %%#loi/Solar-Energy-Research-Development-and-Demonstration-Act%% de 1974 (voir [[1974_unitedstatescongress_Text of S. 3234 (93rd) | Text of S. 3234 (93rd): Solar Energy Research Act (Passed Congress version), 1974.]].
[^26]: Les travaux qui me semblent les plus à même de rendre compte de cette matrice dans leur manière d'aborder les futurs sont d'un côté ceux de Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz ([[2017_chateauraynaud.debaz_Aux bords de l'irréversible | Chateauraynaud Francis, Debaz Josquin, Aux bords de l'irréversible: sociologie pragmatique des transformations, Paris, Éditions Pétra, 2017, p.164, 168, 169, 178.]]) notamment sur les régimes d'énonciation %%#notion/régimes-d-énonciation%% du futur, ainsi que ceux relevant du croisement entre les travaux de Cara N. Daggett ([[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p.]]), de Caleb Wellum ([[2023_welluma_Energizing neoliberalism | Wellum Caleb, Energizing neoliberalism: the 1970s energy crisis and the making of modern America, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2023, 251 p.]]) et de Jenny Andersson ([[2018_andersson_The future of the world | Andersson Jenny, The future of the world: futurology, futurists, and the struggle for the post-Cold War imagination, Oxford ; New York, Oxford University Press, 2018, 267 p.]]).
[^27]: [[2017_hourcade_Prospective énergétique | Hourcade Jean-Charles, Prospective énergétique : modèles contre futurologie, in L'énergie à découvert, Paris, CNRS Éditions, 2017, p. 32–33.]]
[^28]: [[2007_matarasso_Construction historique des paradigmes de modélisation intégrée | Matarasso Pierre, La construction historique des paradigmes de modélisation intégrée : William Nordhaus, Alan Manne et l'apport de la Cowles Commission:, in Les modèles du futur, Paris, La Découverte, 2007, p. 44–62.]] ; [[2011_griset.thierry_Histoire de la modélisation des réseaux techniques | Griset Pascal, Thierry Benjamin, Histoire de la modélisation des réseaux techniques, Flux, vol. n° 85-86, n° 3, 2011, p. 4–7.]] ; [[2020_criqui.waisman_Prospective des transitions énergétiques | Criqui Patrick, Waisman Henri, Prospective des transitions énergétiques: Entre modélisation économique et analyse des scénarios stratégiques, Futuribles, vol. N° 438, n° 5, 2020, p. 29–48.]] ; [[2017_hourcade_Prospective énergétique | Hourcade Jean-Charles, Prospective énergétique : modèles contre futurologie, in L'énergie à découvert, Paris, CNRS Éditions, 2017, p. 32–33.]] ; [[2022_gaspard.missemer_L’intégration des ressources naturelles dans la modélisation macroéconomique | Gaspard Marion, Missemer Antoine, L’intégration des ressources naturelles dans la modélisation macroéconomique : l’empreinte de Robert M. Solow, Revue française d'économie, vol. XXXVII, n° 3, 2022, p. 147–184.]]
[^29]: Voir par exemple le changement de représentation effectuée notamment par Marchetti %%#nom/Cesare-Marchetti%% dans les années 60 ([[2022_fressoz_La transition énergétique, de l'utopie atomique au déni climatique | Fressoz Jean-Baptiste, La “transition énergétique”, de l'utopie atomique au déni climatique, USA, 1945-1980, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2022, p.22.]]).
[^30]: [[2023_chatterjee.perez-zapico_Shifting Narratives of Electricity and Energy in Periods of Transition | Chatterjee Animesh, Pérez-Zapico Daniel, Shifting Narratives of Electricity and Energy in Periods of Transition, Journal of Energy History/Revue d'Histoire de l'Énergie, n° 8, 2023.]] ; [[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p.]] ; [[2024_fressoz_Sans transition | Fressoz Jean-Baptiste, Sans transition - Une nouvelle histoire de l'énergie, Seuil, 2024, 416 p.]]
[^31]: [[2017_chateauraynaud.debaz_Aux bords de l'irréversible | Chateauraynaud Francis, Debaz Josquin, Aux bords de l'irréversible: sociologie pragmatique des transformations, Paris, Éditions Pétra, 2017, p. 154.]] Voir aussi: [[2022_missemer_Un imaginaire fossilisé | Missemer Antoine, Un imaginaire fossilisé ? Les représentations économiques de l’énergie au défi de la transition bas-carbone, Cahiers François Viète, n° III-12, 2022, p. 73–94.]] ; [[2022_soubra.loubet.ea_Situated energy transition | Soubra Baptiste, Loubet Nicolas, Pommier Mikhaël, et al., Situated energy transition : Facing the local past. The Prats-de-Mollo case study, EASST 2022 - Politics of Technoscientific Futures, 2022.]] ; [[2021_monnin.bonnet.ea_Héritage et fermeture | Monnin Alexandre, Bonnet Emmanuel, Landivar Diego, Héritage et fermeture: une écologie du démantèlement, PARIS 12, Editions Divergences, 2021.]]
[^32]: [[2025_coopdesmilieux_Petit manuel de démocratie énergétique | Coop des milieux, Petit manuel de démocratie énergétique: faire communautés comme mode de réappropriation politique, Rennes, Editions du commun, 2025.]]
[^33]: Ces questionnements sont bien entendu à nuancer et épaissir. Par exemple, il n'est pas complètement juste d'affirmer en tant que tel que ce qui est appelé *futurs minorisés* ou *futurs subalternes* n'ont pas voix au chapitre des transformations en cours et à venir du système énergétique. En effet, non seulement par l'exercice même de leur construction ils en transforment les concerné·es, mais aussi ils participent de l'élaboration des futurs dominantes et en cela influence leurs cours.
[^34]: Selon Jenny Andersson, nous devrions considérer les manières contemporaines de construire les représentations du futur et les scénarios comme de très puissants dispositifs géopolitiques intimement engagés dans l'ordonnancement de nos visions du capitalisme global. La citation originale complète est la suivante : « we should consider contemporary aspects of future creation and scénarios as highly powered geopolitical devices that are intimately involved in ordering our visions of global capitalism » ([[2019_andersson_The Future of the World | Andersson Jenny, The Future of the World : Futurology, Futurists and the Struggle for the Post Cold War Imagination, 2019.]]). Dit autrement, les futurs proposés ont une fonction de reproduction de modes – de vie, d'agir, de faire, de subsistance, d'existence, etc – capitalistes globaux.
[^35]: Comme le souligne Cara N. Daggett, la thermodynamique ne décrit pas simplement quelque chose de préexistant appelé énergie, elle invente l'énergie comme une unité de comptable (du travail et du gaspillage) offrant ainsi de nouvelles stratégies de gouvernance qui furent particulièrement utile à l'industrie victorienne. [Aussi] l'énergie, en tant que concept occidental, combine un matérialisme de la description de ses activités [extractive et productive] avec un moralisme exprimant un penchant pour les systèmes dynamiques plutôt que statique. Ce biais rappelle ce que Arjun Appadurai décrit en terme de « trajectorism » comme un « piège narratif » de l'Occident servant de foi central dans la modernité. La citation originale complète est la suivante: « thermodynamics does not simply describe a preexisting thing called energy, but rather invents energy as a unit of accounting (and work and waste), thereby offering new governance strategies that were particularly useful to Victorian industry. » « As a Western concept, energy combines a materialism, in the description of activity, with moralism, expressing a bias toward dynamism over stasis. The bias toward dynamism accords with what Arjun Appadurai has described as "trajectorism", a "narrative trap" of the West that serves as the central faith of modernity. » ([[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p, p. 111 et 18.]]
[^36]: Dans le prolongement et en complément des travaux de Allier Sam, *Fabriquer les futurs énergétiques*, *op. cit.*.
[^37]: [[2019_daggett_The birth of energy | Daggett Cara New, The birth of energy: fossil fuels, thermodynamics, and the politics of work, Durham, Duke University Press, 2019, 268 p.]]
[^38]: [[2023_allier_Fabriquer les futurs de l'énergie | Allier Sam, Fabriquer les futurs de l'énergie - Histoire de la prospective énergétique dans les années 1970, Mémoire de Master 2, EHESS, 2023.]]
[^39]: « Une cosmotechnique correspond à l'unification, dans les activités techniques, des ordres cosmique et moral ; or ces ordres diffèrent d'une société à l'autre – par exemple, les Chinois n'avaient pas le même concept de morale que les Grecs. » ([[2020_crevoisier.hui.ea_Produire des technologies alternatives | Crevoisier Michaël, Hui Yuk, Ballast, Entretien Yuk Hui : « Produire des technologies alternatives », Ballast, 2020, https://www.revue-ballast.fr/yuk-hui-produire-des-technologies-alternatives/.]]).
[^40]: [[2021_hui_La Question de la technique en Chine | Hui Yuk, La Question de la technique en Chine, PARIS 12, Editions Divergences, 2021, 332 p.]]
[^41]: « La cosmotechnique […] est une enquête sur la relation entre la technologie et la localité, c'est-à-dire une recherche des lieux qui permettent à la technologie de se différencier. […] Ce que j'invite à faire […] c'est de comprendre qu'il y a une diversité de technologies et de travailler dans le sens de ce que j'appelle la « technodiversité ». La technodiversité implique de penser des divergences au sein du développement technologique (comme des histoires culturelles), c'est-à-dire de produire des technologies alternatives. » ([[2020_crevoisier.hui.ea_Produire des technologies alternatives | Crevoisier Michaël, Hui Yuk, Ballast, Entretien Yuk Hui : « Produire des technologies alternatives », Ballast, 2020, https://www.revue-ballast.fr/yuk-hui-produire-des-technologies-alternatives/.]])
[^42]: Parler de processus de « décolonisation des futurs » sous-entend que le processus inverse - de « colonisation des futurs » - a été et est l 'œuvre. C'est ce que j'entends par réduction cosmotechnique: il y a une homogénéisation, par le dispositif technique de production de futurs, des représentations du monde qui nous sont données à nous projeter.
[^43]: [[2007_pignarre.stengers_La sorcellerie capitaliste | Pignarre Philippe, Stengers Isabelle, La sorcellerie capitaliste: pratiques de désenvoûtement, Paris, La Découverte, 2007, 226 p.]]
[^44]: Il s'agit non seulement du poids de ces composantes dans dans les manières dont la technique - de modélisation notamment - se déploie, mais aussi de ce qu'elles font à la construction des représentations et des récits. Voir notamment [[2022_daggett_Green-ing masculinity | Daggett Cara New, Green-ing masculinity ? Ecomodernism and electric trucks, Autonomy, 2022, https://autonomy.work/portfolio/ecomodern-masculinity/.]] et [[2023_daggett.amezieux.ea_Pétromasculinité | Daggett Cara New, Amézieux Clément, Lopez Fanny, Pétromasculinité: du mythe fossile patriarcal aux systèmes énergétiques féministes, Marseille, Wildproject, 2023.]]; ainsi que [[2019_lugones_La colonialité du genre | Lugones María, La colonialité du genre, Les cahiers du CEDREF. Centre d’enseignement, d’études et de recherches pour les études féministes, n° 23, 2019, p. 46–89.]] et [[2007_quijanoa_Race et colonialité du pouvoir | Quijano Aníbal, « Race » et colonialité du pouvoir, Mouvements, vol. 51, n° 3, 2007, p. 111–118.]]; et encore [[2019_ferdinand_Une écologie décoloniale | Ferdinand Malcom, Une écologie décoloniale: penser l'écologie depuis le monde caribéen, Paris, Éditions du Seuil, 2019, 461 p.]].
[^45]: [[2015_hartog_Régimes d'historicité | Hartog François, Régimes d'historicité: présentisme et expériences du temps, Paris, Éditions Points, 2015, p. 38.]]
[^46]: [[2017_chateauraynaud.debaz_Aux bords de l'irréversible | Chateauraynaud Francis, Debaz Josquin, Aux bords de l'irréversible: sociologie pragmatique des transformations, Paris, Éditions Pétra, 2017, p. 141.]]
[^47]: Il est intéressant de noter qu'une histoire populaire de l'énergie reste encore à construire. Toutes les histoires de l'énergie sont en effet aujourd'hui majoritairement des histoires que l'on pourrait qualifier de *par-en-haut*. La seule occurrence à une histoire populaire de l'énergie (*par-en-bas*) que j'ai pu trouver à date est celle d'une conférence gesticulée de Manuel Moreau - lien <https://conferences-gesticulees.net/conferences/mon-histoire-populaire-de-lenergie/>. Sur l'énergie, les travaux du type de ceux de François Jarrige et Alexis Vrignon dans Jarrige et Vrignon ([[2020_jarrige.vrignon_Face à la puissance | Jarrige François, Vrignon Alexis, Face à la puissance: une histoire des énergies alternatives à l'âge industriel, Paris, La Découverte, 2020, 397 p.]]) s'en rapprochent et sur le champ climatique et des pollutions, d'une certaine manière, ceux de Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher aussi ([[2020_fressoz.locher_Les révoltes du ciel | Fressoz Jean-Baptiste, Locher Fabien, Les révoltes du ciel: une histoire du changement climatique: (XVe-XXe siècle), Paris, Éditions du Seuil, 2020, 406 p.]]). Pour autant, force est de constater que l'histoire s'écrit majoritairement par-en-haut. Cette notion d'*histoire par-en-bas* (ou d'histoire populaire) est un courant de l'histoire - en tant que discipline - dont Edward Thompson ([[2017_thompson_La formation de la classe ouvrière anglaise | Thompson E. P., La formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Éd. Points, 2017.]]) et Howard Zinn ([[2002_zinn_Une histoire populaire des Etats-Unis d'Amérique | Zinn Howard, Une histoire populaire des Etats-Unis d'Amérique: de 1492 à nos jours, Marseille, Agone (u.a.), 2002, 811 p.]]) aux États-Unis notamment et Michelle Zancarini-Fournel ([[2016_zancarini-fournel_Les luttes et les rêves | Zancarini-Fournel Michelle, Les luttes et les rêves: une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Paris, Zones, 2016, 994 p.]]) et Gérard Noiriel ([[2019_noiriel_Une histoire populaire de la France | Noiriel Gérard, Une histoire populaire de la France: de la guerre de Cent Ans à nos jours, Marseille, Agone, 2019.]]) en France sont des figures marquantes.
[^48]: [[2015_roux_Pour une culture des précédents| Roux Benjamin, Pour une culture des précédents, 2015, https://www.cultivateurdeprecedents.org/20150115_Pour_une_culture_des_precedents.html.]]
[^49]: Sur la notion de prise, se référer notamment au lexique proposé par Chateauraynaud et Debaz: « D'abord définie comme la relation dynamique entre des repères et des plis ou, si l'on préfère, entre des représentations et des perceptions, la prise a été de plus en plus conçue comme le nom donné à un processus génératif » ([[2017_chateauraynaud.debaz_Aux bords de l'irréversible | Chateauraynaud Francis, Debaz Josquin, Aux bords de l'irréversible: sociologie pragmatique des transformations, Paris, Éditions Pétra, 2017, p. 606.]])
[^50]: Comme le souligne Haud Guéguen et Laurent Jeanpierre: « Lorsque les aspirations des individus ne s'accordent plus à leurs possibilités objectives, en particulier lorsque les premières sont supérieures aux secondes, ces individus peuvent être conduits à une forme de « démission résignée » ou d'« impatience magique » confinant à l'impuissance, mais aussi, dans certaines conditions qui restent à préciser, à la révolte. » ([[2022_gueguen.jeanpierre_La perspective du possible | Guéguen Haud, Jeanpierre Laurent, La perspective du possible: comment penser ce qui peut nous arriver, et ce que nous pouvons faire, Paris, la Découverte, 2022.]].